POLITIQUE

Chlordécone : des mesures institutionnelles concrètes pour 2018 ?

Le mercredi 21 février 2018 s’est tenue à l’Assemblée Nationale, l’audition de la ministre des solidarités et de la santé, Agnés Buzyn. Cette dernière était attendue sur le sujet brûlant de la molécule chlordécone. Une question de Santé publique capitale; particulièrement pour les populations antillaises, seule catégorie française à en subir encore les effets néfastes. Un échange houleux et des résolutions proposées sur lesquelles la ministre est attendue au tournant. On vous raconte !

Conduite par Olivier Serva, président de la délégation Outre-mer, l’audition de la Ministre de la santé et des solidarités portait sur la problématique du chlordécone. Agnès Buzyn avait ainsi annoncé son plan d’action pour lutter contre les effets néfastes de cette molécule toxique. Elle avait ensuite dû répondre à une série de questions posées par les membres de la délégation. Selon elle, il est important de mettre en avant la « constance » dans l’organisation des mesures prises pour lutter contre la chlordécone. Dans cette optique, deux axes vont être mis en place au cours de l’année 2018. Le premier aura pour objectif d’améliorer les connaissances sur les corrélations entre le chloredécone et le cancer de la prostate. Le second, de prioriser l’information des résidents qui y ont été et y sont encore exposés.

Des parlementaires mitigés

Ces mesures avaient été accueillies par la majorité des membres de la délégation. Notamment sur le point de la mise en place d’un nouveau zonage sur les terres infectées par la molécule. Sur le long terme, cette nouvelle cartographie permettra la création de jardins familiaux ; permettant ainsi de certifier un circuit de production sain. En effet, pour la ministre, renforcer l’information sur la nourriture est une nécessité. Elle avait également annoncé l’organisation d’un colloque en octobre 2018. Celui-ci sera composé de l’Alliance scientifique qui devra fournir un rapport complet sur le cas de la molécule de chlordécone.

Toutefois, ces annonces n’avaient pas convaincu l’ensemble des députés. En effet, certains ont jugé ces propositions insuffisantes. Ce fut par exemple le cas de Josette Manin, députée de la première circonscription de la Martinique et Justine Benin, députée de la 2ème circonscription de la Guadeloupe, qui sont revenues sur l’abandon de l’étude Madi-prostate :

L’abandon de cette étude avait particulièrement fait réagir le porte-parole du Mouvement indépendantiste martiniquais et député de la 4ème circonscription de la Martinique, Jean-Philippe Nilor :

Les résolutions concrètes, notamment quant à la prise en charge des victimes du chlordécone, demeurent floues. Sur cette question de Santé publique, la ministre et le gouvernement dans son ensemble, sont vivement attendues par les députés ultramarins. Les prochains mois diront si les propositions de madame Buzyn ont été appliquées.

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