CULTURE

Black Panther, l’épopée afro-futuriste décomplexée

Le réalisateur Ryan Coogler fait de « Black Panther » une œuvre afro-futuriste envoûtante qui contribue à redorer le blason du continent africain en sublimant sa culture.

Voilà plusieurs années que nous attendions un film d’une telle ampleur et le voici enfin. Marvel’s Black Panther met la barre très haut, par la profondeur scénaristique, la maîtrise de la réalisation, son casting de choc, sa bande-son puissante et inspirée (et inspirante), ainsi que ses références historiques et culturelles pointues. N’oublions pas non plus, les effets spéciaux spectaculaires qui font le succès du Marvel Cinematic Universe (MCU), depuis le début de la saga en 2008. Ce film ô combien épique ravira à coup sûr nos chères petites têtes crépues (et leurs parents) qui ont plus que jamais besoin de voir un super-héros qui leur ressemble et qui repoussera toujours plus loin les limites de leur imaginaire. En effet, ce film sur les aventures du premier super-héros africain de Marvel est une réponse artistique de poids aux attentes de beaucoup d’entre nous. Une œuvre cinématographique historique qui marquera, à n’en pas douter les annales du septième art.

Le Wakanda, la nation africaine fictive la plus avancée du monde. © Marvel Studio

Il a fallu attendre 52 ans pour que T’Challa, le souverain du Wakanda, crée par Stan Lee et Jack Kirby, soit enfin adapté sur grand écran. Plus d’un demi siècle pour qu’un héros Noir ait son propre film et ne soit pas que simples personnages secondaires, comme ont pu l’être, War Machine (Don Cheadle), Heimdall (Idris Elba) ou le Faucon (Anthony Mackie). Dans le scénario de Ryan Coogler et Joe Robert Cole, par contre, la part belle est faite à un casting quasi-exclusivement afro ; qui plus est, à une brochette d’artistes triés sur le volet. Parmi eux, vous aurez le plaisir de retrouver de talentueux et emblématiques acteurs à l’instar d’Angela Basset, Forest Whitaker, Lupita Nyong’o ou Danaï Gurira. Chadwick Boseman, le personnage central de l’histoire donne magistralement corps à la Panthère Noire.

La panthère noire juchée sur un arbre. © Marvel Studio

Au-delà des ressorts habituels des Super Hero films, la satire sociale et les références à la situation du continent africain et à la diaspora sont flagrantes. Ryan Coogle et Joe Robert Cole nous proposent une réflexion intéressante sur la souveraineté africaine, l’exaltation de la fierté de soi, mais aussi les drames humanitaires. Honneur, courage et soif de Justice seront au rendez-vous et vous transporteront dans un univers afro-futuriste totalement décomplexé. Toutefois, c’est par la multitude de références historiques du film que nous avons été le plus séduit, tant elles sont foisonnantes. Les principales aires culturelles de l’Afrique y sont représentées. Vêtements, architecture, écriture, langue ou coiffures, tout n’est que prétexte à une mise en valeur du génie africain. Des Pulaar aux Ashanti, en passant par les Zulu ou le royaume de Dahomey. le 18ème volet du MCU n’est vraiment pas déplaisant, bien au contraire.

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L’opposition entre T’Challa et Erik Killmonger. © Marvel Studio

Comme attendues, les Dora Milaje et la Reine-mère sont au rendez-vous et font des femmes, des actrices majeures de cette épopée, comme il n’en est qu’une par génération. Michael B. Jordan en radical Erik Killmonger et Daniel Kaluuya, dans le rôle de W’Kabi, sont aussi de la partie et c’est heureux. Un peu trop dithyrambique nous diriez-vous ? C’est peut-être parce que nous avons omis de dire que la bande-son est produite par Kendrick Lamar ou que le scénario s’inspire en grade parti de celui qu’avait livré Ta Nehisi Coates pour Marvel Comics en 2016. Au-delà des critiques recevables (ou non) nous gageons que Black Panther donnera un coup de pouce bienvenu à l’afro-futurisme en tant que genre littéraire ou cinématographique enraciné dans des problématiques du monde Noir. L’avenir, il n’en fait aucun doute, laissera une large place à une nouvelle génération d’écrivains, de réalisateurs ou d’acteurs prêts à s’engager dans cette voie. N’est-ce pas là une excellente nouvelle pour l’imaginaire de nos enfants ?

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Le souverain du Wakanda à l’ONU. © Marvel Studio

Très peu de films (aucun ?) peuvent se targuer de bousculer les questions ethniques, de balayer les stéréotypes raciaux, et de célébrer la femme. Ryan Coogler a su parfaitement relever le défi et a compris les responsabilités qui pesaient sur son projet. Tous les yeux étaient rivés sur lui. Longue vie au roi ! Wakanda for ever !

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