SANTÉ

Les poils, une protection contre le cancer du sein

S’il existe des petites entités corporelles qui sont détestées, décapitées, arrachées, visées par une guerre impitoyable, ce sont bien les poils ! Rasoir, cire épilatoire, huile de fourmi, laser… Tout est bon pour se débarrasser de nos chers amis naturels. Mais pourquoi haïssons-nous les poils ? Et d’ailleurs, pourquoi en possédons-nous ?

Par Sandrine D. / nofi.fr

Les poils sont des phanères constitués de kératine et de mélanocytes. Les êtres humains en possèdent sur tout le corps, excepté les paumes des mains et les voûtes plantaires. Cependant, ayant un rôle secondaire de différenciation sexuelle, la pilosité est plus marquée chez les hommes que chez les femmes. Les messieurs possèdent une barbe, un torse velu et des poils pubiens plus abondants.

Il y a quelques années, les pontes de la mode ont décidé que désormais, le lisse sera la norme. Et gare à ceux -surtout celles- qui osent arborer des aisselles garnies et des jambes poilues. Nez froncés, yeux révulsés de dégoût, insultes, crachats et même menaces de viol les attendent au tournant. En cause, un prétendu manque d’hygiène, l’inesthétisme agressif des poils et aussi leur inutilité. Depuis, le moindre poil est traqué sans relâche dans le but d’obtenir un corps glabre, symbole de jeunesse et de beauté.

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Le modèle Aquila Aveion, par le photographe Michael Law.

Cependant, depuis cette mode de l’épilation intégrale, les gynécologues sont catastrophés par la vague de mycoses génitales qui frappe les femmes. En effet, les poils pubiens sont une protection naturelle contre les bactéries, les champignons et les virus. Et si nos grands-mères portaient des sous-vêtements en coton, la nouvelle génération préfère ceux en matières synthétiques, bien plus sexy visuellement. Cependant, on ne peut faire bouillir ceux-ci pour les désinfecter, ils sont donc de véritables nids à microbes, de même que les jeans, pantalons, collants, leggings ect…

En ôtant les poils pubiens, on supprime la barrière de protection qu’ils forment. Les microbes sont donc en contact direct avec la peau, ce qui n’augure rien de bon. Ajoutons à cela l’humidité et la chaleur naturelle de cette zone délicate, et on comprend pourquoi les infections sont favorisées. De plus, en se rasant, on provoque des micro-coupures sur la peau, on augmente le risque de poils incarnés lors de la repousse et l’apparition de kystes, sans parler de la peau qui s’épaissit au fil du temps. Les risques d’eczéma ou de maladies sexuellement transmissibles ( SIDA, herpès par exemple) sont accrus, de même que le risque de contagion au virus du papillome humain (VPH), responsable du cancer du col de l’utérus. A savoir également, les poils du pubis protègent des frottements et des chocs causés par les vêtements ou les relations sexuelles, et maintiennent le vagin à température idéale.

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Peau infectée

Utilisation de déodorants et cancer du sein

Les femmes sont de plus en plus atteintes du cancer du sein, et ce, de plus en plus jeunes. Une étude autrichienne publiée en juin 2017 dans le journal EBioMedicine, accuse certains anti-transpirants de favoriser le cancer du sein. Les chercheurs ont constaté que les femmes utilisant des déodorants et anti-transpirants sur les aisselles rasées sont deux fois plus susceptibles d’avoir un cancer du sein. En cause, les sels d’aluminium contenus dans certains de ces désodorisants.

Ce n’est pas la première fois que des scientifiques pointent du doigt la toxicité de l’aluminium. En 2016, deux chercheurs suisses avaient injecté des cellules contaminées par de l’aluminium à des souris. Celles-ci ont très rapidement développé des tumeurs dont certaines très agressives. Lorsqu’on applique un anti-transpirant, il se pose sur les poils qui captent les sels d’aluminium. Mais lorsqu’on se rase les aisselles, on provoque des micro-coupures de la peau qui laissent pénétrer facilement ces sels potentiellement cancérigènes. Garder ses poils est donc un moyen de prévention du cancer du sein.

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Ericka Hart, 28 ans, victime d’un cancer du sein

Qu’on décide de garder ses poils ou qu’on fasse le choix de les ôter, par principe de précaution il importe de choisir un déodorant sans aluminium. Si on préfère les méthodes plus naturelles, un peu de bicarbonate de soude appliqué sur les doigts mouillés puis passés sur les aisselles est très bien; de même que passer une rondelle de citron sous les bras.

Malgré la barbarie des traitements infligés à ces attendrissants petits filaments que sont les poils, ils trouvent la force de repousser en perçant le derme, déterminés à mener à bien la tâche de protection qui leur fut confiée. Leur témérité est une belle leçon de vie.

 

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Originaire de la Caraïbe, je suis une amoureuse de nos riches et fascinantes cultures noires. J'aime particulièrement conter nos belles histoires.

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