SOCIÉTÉ

Multiplication des attaques contre les temples de religions afro-brésiliennes

Au Brésil, les temples dédiés au culte des religions d’origine africaine comme le Candomble et l’ Umbanda sont victimes d’attaques de plus en plus visibles par des adeptes de sectes évangélistes.

Par Sandro CAPO CHICHI / nofi.fr

Dans un précédent article, je mettais en évidence la popularité grandissante des cultes d’origine africaine en Amérique latine. Je rappelais aussi les difficultés rencontrées par les adeptes de ces religions, notamment au Brésil.

Ces difficultés vont toutefois au delà de simples discriminations. Les temples de religions d’origine africaine sont fréquemment victimes de ce qu’il serait plus approprié d’appeler des actes de terrorisme. Rien qu’en septembre 2017, au moins 7 temples furent attaqués à Nova Ignaçu, une ville dans la périphérie de Rio de Janeiro. Dans le cadre de ces attaques souvent filmées par leurs perpétrateurs et postées sur les réseaux sociaux, des adeptes des religions afro-brésiliennes se voient forcés, sous la menace d’une arme, à détruire leurs propres objets de culte.

Les perpétrateurs de ces crimes sont des trafiquants de drogue se réclamant régulièrement de la foi chrétienne et de Jesus pour commettre leurs exactions, considérant les religions afro-brésiliennes comme de la sorcellerie. En septembre, 10 personnes furent interpellées en relation avec ces crimes. Parmi eux figurent Fernandinho Guarabu, un ponte du trafic de drogue de Rio de Janeiro. Rien qu’en août 2017, 32 plaintes furent déposées pour intolérance religieuse par des pratiquants des religions afro-brésiliennes.

Durant ce même mois, Maria Da Conceição Cerqueira Da Silva, une adepte du Candomble de 65 ans a été agressée chez elle à coups de pierre. La victime a déploré que son agression n’ait pas été considérée par la justice comme un acte d’intolérance religieuse, mais comme une simple agression physique.

religions afro-brésiliennes

Un parallèle inévitable avec DAECH

La situation des criminels attaquant les adeptes de religions afro-brésiliennes au nom de Jesus Christ rappelle évidemment l’interprétation faite de l’islamisme radical, souvent présenté comme un dévoiement de l’Islam par des criminels. On aurait donc un argument contemporain pour relativiser le rôle du véritable Islam dans les actes de terrorisme qui ont actuellement lieu à travers le monde en son nom.

De cette constante comparaison entre religions abrahamiques, un autre type de religion  risque toutefois une nouvelle fois de passer inaperçu. Il s’agit des religions africaines traditionnelles dont on a trop souvent eu tendance à associer le déclin avec la ‘révélation’, chez ses adeptes,  de la ‘supériorité’ des religions abrahamiques. Si une conversion volontaire est effectivement attestée dans bien des cas dans l’histoire africaine, il serait de négliger le rôle fondamental du terrorisme des adeptes de religions abrahamiques envers ceux des religions traditionnelles africaines et dont les événements au Brésil décrits ici ne seraient qu’un écho contemporain.