POLITIQUE

Après le FCFA, Urgences Panafricanistes appelle à la mobilisation contre la Françafrique

L’ONG Urgences Panafricanistes, lance un appel massif à la mobilisation de la société civile africaine contre le néocolonialisme le 19 août prochain. Une manifestation qui s’inscrit dans le cadre des précédentes conférences autour du Franc CFA qui ont rythmé cette année 2017 et rassemblé des centaines de milliers de personnes en Afrique et dans la diaspora.

Kemi Seba, figure incontournable du panafricanisme révolutionnaire francophone, tape une fois de plus du point sur la table. Après le succès historique du Front anti CFA initié par l’ONG Urgence Panafricaniste dont il est l’un des principaux dirigeants, l’activiste panafricaniste, essayiste et analyste géopolitique lance un appel à la mobilisation contre la Françafrique, le 19 août 2017 dans près de 11 pays d’Afrique francophones. Ainsi qu’il le déclare sur les réseaux sociaux (où il est suivi par plus de 300 000 personnes) :

« Jamais de manière coordonnée, les africains des pays de la zone Franc n’ont su depuis les pseudos indépendances, se lever face aux colonisateurs ». [1]

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Le 19 août, sera l’An I de la mobilisation continentale contre la Françafrique. C’est en tout cas ce que Kemi Seba appelle ardemment de ses vœux les plus chers.  Cet appel à la résistance démontrera la capacité d’Urgences Panafricanistes à organiser différentes composantes de la société civile en un front unique afin de lutter contre le fléau néo-colonial, qui selon le polémiste est :

« Pire que le colonialisme d’antan dans le sens où au siècle dernier les populations africaines savaient très bien qu’elles étaient sous la domination des puissances occidentales alors qu’aujourd’hui certains pensent être réellement libres et indépendants. Bon nombre d’Africains sont dans une démarche de soumission sans même s’en rendre compte.«  [2]

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Après avoir dénoncé avec force le caractère inique du franc CFA, dernier vestige du nazisme monétaire, qui n’est en vérité qu’un segment, certes important, du néo-colonialisme;  la figure de proue du panafricanisme du XXIe siècle entend mettre cette fois en  en accusation la racine de ce mal africain, à savoir la  Françafrique dans sa globalité. Cela consiste à:

  • exposer les réseaux d’influences du quai d’Orsay auprès des élites africaines [3]
  • pointer du doigt l’occupation militaire de l’Afrique à travers les bases françaises
  • dénoncer la nature co-contractante/synallagmatique entre les dirigeants africains et français

En ce qui concerne le dernier point, pour Kemi Seba le rapport de la France à l’Afrique ne doit pas être simplifié. En effet, il serait erroné de penser qu’il y aurait d’un coté les valets africains soumis et de l’autre les méchants occidentaux corrupteurs. Selon le fervent défenseur de la souveraineté africaine :

« Tout le monde y trouve son compte. Bien souvent, des chefs d’État africains financent les campagnes électorales de bon nombre de candidats français (…) il s’agit de business « gagnant/gagnant ». Les chefs d’États africains qui seraient dans une démarche de bonne gouvernance de leur pays ne seront jamais millionnaires, parce que ça n’est pas le rôle d’un administrateur politique (Cf. Thomas Isidore Sankara). Cependant, la plupart des dirigeants africains sont millionnaires/milliardaires, car il y a un système de spoliation des matières premières, passé dans le cadre d’un deal entre les élites africaines et françaises. À partir du moment où les élites africaines acceptent cette spoliation, elles reçoivent des bakchich démesurés bien supérieurs à ce qu’ils auraient pu/du gagner s’ils avaient agi convenablement. Il existe des accords tacites entre les différentes parties.«  [2]

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Il s’agira donc de mettre sur le devant de la scène internationale, comme l’ONG l’avait fait pour la question du fCFA, la thématique de la Françafrique est prise afin qu’elle soit prise en compte par la société civile africaine. L’objectif principal sera d’être en mesure de mobiliser dans chaque pays et dans chaque ville africaine plusieurs centaines, plusieurs milliers de personnes. Être en capacité de créer des poches de résistance partout en Afrique afin de faire du néocolonialisme un sujet central.

Une mobilisation internationale qui s’annonce d’ores et déjà comme un succès et constituera  une étape décisive dans la lutte contre la Françafrique pour l’accession de l’Afrique à une pleine et entière souveraineté, qui lui font actuellement dramatiquement défaut.

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Note et références :

[1] Page facebook Kemi Seba Officiel

[2] Réponses donnés par Kemi Seba contacter par téléphone

[3] Le Quai d’Orsay désigne par métonymie, le Ministère des Affaires étrangères, qui y a son siège au numéro 37 de cette rue.

Panafricaniste dans l’âme, j’œuvre à mon humble niveau à réunir les membres de la grande famille africaine à travers le monde.

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