POLITIQUE

Vers une division du Cameroun en deux pays?

Kingsley Ashu et Calèche Bongo, deux activistes de la région du ‘Southern Cameroon’ ont demandé jeudi 27 juillet la partition de leur région du reste du Cameroun auprès du conseiller spécial pour la prévention du génocide des Nations Unies à New York.

Par Sandro CAPO CHICHI / nofi.fr

Entre janvier et avril 2017, une coupure de l’accès internet avait frappé la région anglophone du Cameroun. Si elle avait servi à mettre en lumière, dans la presse internationale, l’exploit du jeune Nji Collins Gbah qui avait remporté un concours Google de programmation en dépit de la coupure, elle avait aussi révélé une fracture plus grande. Celle qui menace la partition de la partie anglophone du Cameroun de sa partie francophone. La coupure de l’accès internet serait en effet due aux protestations des activistes du ‘Southern Cameroon’. Fin 2016, après une loi non-traduite e anglais, ceux-ci se sont en effet plaints du gouvernement de leur pays qui ne remplirait pas son rôle de nation bilingue. Ce ne serait qu’après une réaction des Nations Unies que l’internet aurait été rétabli en avril 2017.

Jeudi 27 juillet 2017, c’est à nouveau vers les Nations Unies que se sont tournés Kingsley Ashu et Calèche Bongo, deux activistes et membres du comité exécutif du Southern Cameroon, pour exprimer leurs revendications. Se plaignant auprès du Conseiller Spécial pour la prévention du génocide des Nations Unies, puis devant la presse, Kingsley Ashu a déclaré  » Pendant que nous parlons des atrocités de masse sont en train d’être commises. Nous avons des situations où le gouvernement effectue à la fois des détentions massives, des détentions arbitraires, des tueries extrajudiciaires, des tueries de masses et des traitements inhumains ».

Outre la question des Droits de l’Homme, Ashu s’est exprimé au sujet du manque supposé d’infrastructures dans la région du ‘Southern Cameroon’ où il déplore l’absence d’aéroport et de port. Il aussi exprimé sa volonté d’une partition du Southern Cameroon, dont les ressources qui fournissent l’essentiel de ses richesses au Cameroun garantirait son bon fonctionnement s’il devait obtenir son indépendance.