SOCIÉTÉ

Un soldat français condamné à un an de prison pour l’agression de fillettes franco-burkinabées

Lundi 12 juin, le tribunal correctionnel de Paris a condamné un soldat français des forces spéciales à 2 ans de prison, dont un an avec sursis, pour des attouchements sexuels sur des fillettes de 3 et 5 ans  en 2015 au Burkina Faso.

Les faits remontent au mois de juin 2015. À cette époque, Sébastien L…, soldat de l’opération Barkhane [1] au Sahel était en permission. Profitant de ses congés, il se prélassait au bord de la piscine d’un hôtel de Ouagadougou, en compagnie de l’un de ses collègues. Fortement  alcoolisés, les deux militaires ont fait la connaissance d’une Française résidant au Burkina Faso, venue elle aussi profiter de la piscine avec sa fille et une amie de celle-ci, toutes deux franco-burkinabè, âgées de 3 et 5 ans.

Après avoir fais connaissances avec eux, confiante, la mère de famille invite chez elle les deux soldats en permission. Elle finira par leur demander de débarrasser le plancher après avoir surpris plusieurs fois Sébastien L… dans la chambre de sa fille, qui prétextait la consoler d’on ne sait quel chagrin. Le lendemain, la mère de famille découvrait avec horreur des scènes pédophiles, dans la GoPro (caméra portative) que l’un des deux soldats avait oublié la veille, filmées sous l’eau. On y voyait des attouchements sexuels sur chacune des fillettes, âgées rappelons-le de 3 et 5 ans. Horrifiée, la mère de famille s’était alors rendue à l’ambassade de France pour dénoncer les faits. Suite à cela, une enquête de commandement a été diligentée par le chef d’état-major français des armées. Les deux soldats seront immédiatement suspendus et rapatriés, le collègue de Sébastien L… sera quant à lui, rapidement mis hors de cause. Le coupable niera d’abord les faits pendant l’enquête, avant de reconnaître certains attouchements. 

Une peine légère

Devant le juge, le 18 avril dernier, Sebastien L… utilisera la rhétorique classique de l’ivrogne type, désignant l’alcool comme la cause de son forfait :

« Je ne suis pas comme ça. Même si je suis suivi, je ne pourrai jamais oublier ça. C’est un cauchemar depuis le début. J’aurais préféré qu’on me dise que j’ai frappé quelqu’un ».

Pour le ministère public chargé de la poursuite en justice, « l’alcool ne peut tout expliquer« . Lors du procès, le procureur avait requis une peine  de 18 mois avec sursis, assortie d’une mise à l’épreuve. Le tribunal condamnera finalement Sebastien L… à :

  • 2 ans de prison, dont 1 an avec sursis avec mise à l’épreuve
  • une interdiction d’exercer une activité impliquant des mineurs pendant 5 ans
  • verser 6000€ à l’une des fillettes au titre des préjudices sexuel et moral
  • verser 4000€ à l’autre enfant pour préjudice moral
  • verser 3000€ pour la mère d’une des fillettes
  • verser 2000€ pour chacun des parents de l’autre fillette
  • verser 1000€ pour chaque grand-parent
  • verser 1€ symbolique pour l’association La voix de l’enfant 

La peine de prison du soldat pédophile est aménageable, ce qui signifie que Sébastien L… nira probablement pas en prison. D’autant que des éléments de l’armée française ont déjà été impliqués plusieurs fois dans des affaires d’abus sexuels sur mineurs. Récemment, en Centrafrique, les auteurs des forfaites avaient été acquittés. Des accusations qui interrogent la morale et le droit dans les rangs des militaires de la République.  

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 Notes et références :

[1] L’opération Barkhane est une opération menée au Sahel par l’armée française. Elle aurait pour objectif de lutter contre les groupes armés terroristes dans toute la région du Sahel.

Panafricaniste dans l’âme, j’œuvre à mon humble niveau à réunir les membres de la grande famille africaine à travers le monde.