HISTOIRE

Jean-Jacques Alain, quand un Noir martiniquais était maire de la ville de Saint-Louis au Sénégal (1829-1848)

Jean-Jacques Alain (ou Alin 1777-1849) est un Noir libre de la Martinique qui migra dans l’actuel Sénégal après la Révolution Française. Il y devint maire de la ville de Saint-Louis pendant près de deux décennies. 

Par Sandro CAPO CHICHI / nofi.fr

Dans les rapports de filiation entre Africains et peuples noirs du continent américain, on cherche souvent à identifier les ancêtres des seconds parmi les premiers. Ces rapports sont toutefois plus complexes et un certain nombre d’Africains se trouve avoir des ascendants afro-descendants des Amériques. Au Sénégal, après la révolution française, une centaine de Noirs libres originaires de la Guadeloupe, de la Martinique et de Saint-Domingue viennent ainsi s’installer dans le comptoir français de Saint-Louis au Sénégal. Leur mission est de consolider la loyauté des populations françaises présentes sur place à la République nouvellement créée. Parmi ces nouveaux arrivants se trouve la famille Alain, originaire de la Martinique et qui arrive à Saint-Louis en 1799. Elle s’intègre à la communauté de métis déjà existante. Leur fils aîné, Jean-Jacques (1777-1849), né au Lamentin en Martinique, qui sert d’abord comme soldat, devient ensuite un important commerçant spécialisé dans le domaine de la gomme et un très important habitant de la ville de Saint-Louis. Il en devient maire vers 1828 / 1829 jusqu’en 1848, soit un an avant sa mort. Son mariage avec une membre de la communauté métis de la ville, Marie-Paul Bénis produira des enfants et des descendants, notamment à travers les familles Crespin et Dubrux, chez des Sénégalais d’aujourd’hui.

Références

Hillary Jones / The Métis of Senegal: Urban Life and Politics in French West Africa
Michael Ralph / Forensics of Capital