CULTURE

[EVENEMENT] Limyè Bayo: A la mémoire de nos ancêtres déportés !

Chaque 23 mai, depuis 19 ans, l’association CM98 organise Limyè Bayo, une commémoration non pas de l’abolition, mais pour la mémoire des victimes de l’esclavage.  Une initiative portée par les descendants d’esclaves eux-mêmes, dans une volonté féroce de renouer avec leur histoire. Dans le plus grand des respects et en toute déférence, cette journée spéciale leur est dédiée: la journée nationale en hommage aux victimes de l’esclavage colonial. Au programme, plusieurs cérémonies mais aussi du partage, de la musique et de la fraternité.

Le CM98, ou Comité pour la marche du 23 mai 1998, regroupe des antillais désireux de connaître et de se réconcilier avec leur histoire . Parce qu’accepter c’est avancer, depuis 20 ans, présidée par le généticien Serge Romana, l’association oeuvre pour la réappropriation de cet héritage douloureux par les enfants de ses victimes, les descendants d’esclaves, et la reconnaissance du crime par l’Etat français. Point d’apitoiement mais le courage de dire le mal-être, de partager la souffrance entre soi et avec les autres  pour  construire ensemble plus de justice, afin de réparer l’injustice.

Aussi Limyè Bayo, « Lumière sur eux » en créole, est célébré le 23 mai de chaque année depuis 1998, soit au lendemain de la commémoration de l’abolition de l’esclavage en Martinique (22 mai 1848), quelques jours avant celle de la Guadeloupe. Surtout, le 23 mai-officiellement entré dans les textes comme la Journée nationale en hommage aux victimes de l’esclavage colonial-est l’événement qui revalorise et pacifie. Chacun d’entre vous est attendu pour rendre hommage à ces hommes et femmes au destin volé, dont la force a malgré tout traversé les siècles pour faire  une nation capable.

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Le programme

Dès 14h, « Le village du 23 mai » ouvrira ses portes à République. L’occasion de découvrir des marques, des entreprises et des ateliers. Le public pourra également se restaurer avec la savoureuse cuisine antillaise. Surtout, vous pourrez vous renseigner sur cette association si particulière et même aller à a recherche de vos ancêtres. En effet, Le CM98 est à l’origine de l’AGHFA, atelier de généalogie et d’histoire des familles antillaises. Un espace qui permet de travailler sur l’identité et de retrouver son aïeul Noir, le premier de sa lignée, en obtenant des informations sur son mode de vie durant l’esclavage et après l’affranchissement. Une découverte formidable et essentielle dans la construction de soi, chez les antillais descendants d’esclaves. Au village du 23 mai, le public pourra se rapprocher du stand et entamer la recherche. Sinon, rendez-vous sur le site Anchoukaj.org

De 18h15 à 19h, vous pourrez assister au spectacle musical « Le voyage du tambour ». Interprété par des musiciens du Bénin, de la Martinique et de la Guadeloupe, il raconte par les instruments ce voyage symbolique des côtes de l’Afrique aux Amériques.

De 19h à 19h30, découvrez la performance « Mon aïeul esclave », des récits sur l’esclavage mis en scène à partir de témoignages de descendants d’esclaves.  Par Josée Grard et Marie-Danielle Bonbois.

Entre 19h30 et 20h: Discours officiels.

De 20h à 23h: le concert Limyè Bayo ! En présence de Jacob Desvarieux, Tanya St Val, Pépé Oleka, Paille, Dédé Saint-Prix et beaucoup d’autres.

Parce qu’il était important dès le départ que l’Etat français reconnaisse et honore cette commémoration, des cérémonies officielles auront lieu dès le matin. Plusieurs autres se dérouleront en Île-de-France et en dehors, là où le CM98 a réussi l’exploit de faire ériger des monuments en mémoire aux esclaves. Pour le programme complet, rendez-vous ici

 

Limyè Bayo!

SK est la rédactrice/ journaliste du secteur Politique, Société et Culture. Jeune femme vive, impétueuse et toujours bienveillante, elle vous apporte une vision sans filtre de l'actualité.