CULTURE

7 raisons d’aller voir « Fences », de Denzel Washington

« Fences » sortira dans les salles françaises le 22 février. On pourrait trouver 100 raisons de vous inciter à le voir, mais nous vous en proposons 7, qui vous convaincront de l’importance de ne pas passer à côté de cet événement !

  1. C’est un film de et avec Denzel Washington. Fences est le troisième long-métrage de l’acteur. Après Antwone Fisher et The Great Debater, Denzel réalise un film de 2h20, adapté de la pièce de théâtre du même nom d’August Wilson et dans lequel il tient le rôle principal. Il y donne la réplique à Viola Davis mais aussi à l’inoubliable Mykelti Williamson, qui incarnait le pathétique et attachant Bubba, compagnon de guerre de Forest Gump dans le film éponyme.
Troy Maxson (Denzel Washington) Crédit photo Paramount Picture France

Troy Maxson (Denzel Washington)
Crédit photo Paramount Picture France

  1. Un point de vue original sur la Ségrégation. Denzel s’attaque ici à la pénible période de la Ségrégation, qui scinda l’Amérique en deux parties entre 1875 et 1967. Mais, c’est avec originalité qu’il propose d’aborder non pas les rapports de dominations des Blancs sur les Noirs, induits de fait, mais plutôt les répercussions de ce contexte destructeur sur les Afro américains. Fences traite des rapports que ces Noirs humiliés entretiennent les uns avec les autres.

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  1. Un Denzel haïssable. Pour la première fois, on découvre un Denzel Washington antipathique. Dans la peau du père de famille Troy Maxson, l’acteur est un monstre d’égocentrisme et de désespoir. Il est par ailleurs celui qui a le plus de texte et crève littéralement l’écran en pesant de tout son poids sur les siens et ceux qui le côtoient. Une fois de plus, celui qui campait Alonzo Harris dans Training Day démontre l’étendue de son talent de comédien, en étant capable d’interpréter tantôt un héro, tantôt un goujat. Et avec brio.

 

  1. Un film sur les relations familiales. Le film traite des difficiles relations entre un patriarche et ses enfants. En effet, en entrant dans l’esprit torturé de Troy Maxson, on comprend qu’en découle un contact brut et froid avec ses fils. Dans une situation où le père enrage de ne pas être ce qu’il rêvait et oscille entre résignation et amertume, Troy apparaît comme l’archétype du père Noir brisé par la vie. Une figure amplifiée par le fait que l’intrigue se déroule dans un entre-soi, au coeur de la famille Maxson.

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  1. Une performance saisissante de Viola Davis . Viola Davis (How to get away with murder, La couleur des sentiments) joue à merveille le rôle de l’épouse soumise, écrasée par la rudesse de son époux maladroit. Elle est Rose Maxson, une femme courageuse qui a pour pilier sa famille. Elle est d’ailleurs la seule femme à occuper une place déterminante dans l’intrigue. Rose Maxson  est une mère digne, à la fois forte et démunie face à son Troy, à la fois calme et en colère. Elle représente ici la femme noire brave qui s’efforce de faire face à toute situation, lorsque les hommes s’égarent.
Rose Maxson (Viola Davis) Crédit Photo: Paramount Picture

Rose Maxson (Viola Davis)
Crédit Photo: Paramount Picture

  1. Un film porteur de symboles. Fences réunit plusieurs symboles et références historiques, contextuelles et spirituelles. Par exemple, la religion chrétienne, omniprésente dans la communauté afro américaine, est portée par le personnage de Gabriel, le frère de Troy. Néanmoins, elle n’a pas ce poids contraignant et moralisateur au sein du foyer Maxson. Le patriotisme américain est incarné par l’armée et les allusions à la Guerre du Vietnam. Elle prend ici une valeur antinomique par le regard désabusé et réprobateur que porte Troy sur les Etats-Unis, et l’espoir qu’y place son fils cadet.

 

  1. C’est un film important. Pour la première fois, un afro américain porte avec justesse sur grand écran le travail d’un autre sur des thématiques essentielles de la condition du Noir en Amérique. Fences est une introspection au coeur d’une communauté fragile et meurtrie dans laquelle la violence exercée par les autres a détruit le logiciel des hommes. Des hommes transformés en zombies qui ont intériorisé leur détresse et perpétuent le mal sur leur descendance. C’est un film qui n’accuse pas l’autre mais pose la question de ce que nous sommes devenus par la force des choses.

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SK est la rédactrice/ journaliste du secteur Politique, Société et Culture. Jeune femme vive, impétueuse et toujours bienveillante, elle vous apporte une vision sans filtre de l'actualité.

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