SOCIÉTÉ

Les « Mangrove Nine » symbole du Black Power britannique

Les Etats-Unis ne furent pas l’unique pays où se développa une conscience communautaire afro.

Aux quatre coins du monde, les diverses population noires se sont toujours organisées pour assurer au mieux leur survie. Ce fut notamment le cas au Royaume-uni. En effet, entre les années 60 et 70 une organisation similaire au Black Panther Party américain eut « maille à partir » avec les autorités locales.

S’il est bien un événement emblématique des luttes pour les droits civiques des Noirs au Royaume-Unis, c’est l’arrestation des « Mangrove Nine » en 1971. Leur surnom leur vient du fait que leur face à face avec la police de la couronne britannique se déroula au Mangrove Restaurant, un établissement caribéen de Londres. Plus qu’un restaurant, ce lieu était le quartier général de Frank Crichlow, père de l’activisme Noir de la Grande Bretagne. Depuis 1969, le Mangrove Restaurant servait de base d’opération à des leaders radicaux de la communauté noire.

A l’instar du Black Panther Party US, sa contrepartie britannique fut la cible de persécutions policières. Soupçonnés  de conspirer et de fomenter une émeute, les militant du Mangrove Restaurant étaient surveillés de très près par les services de Scotland Yard. Les descentes policières se multiplièrent, douze en un an et demi. Les revendications égalitaires de la communauté noire semblaient inquiéter le pouvoir…

En réponse, les militants organisèrent une manifestation afin d’en  terminer avec les pratiques abusives des forces de l’ordre. La présence de la police entraîna rapidement une violente altercation qui se soldat par l’arrestation des neuf personnes (les « Mangrove Nine« ) pour conspiration. Parmi eux se trouvaient Frank Crichlow ainsi que Darcus Howe, membre éminent du Black Panther party local.

En 1992, Crichlow se vit verser par l’état £50,000 pour emprisonnement illégal et accusation calomnieuse. Au cours du procès la stratégie adoptée par les « Mangrove Nine » fut de soulever le fait qu’en vertu de leur droit à la liberté individuelle ils auraient du être jugés par des « pairs« , à savoir un jury noir. La tentative échoua, mais la racisme ambiant était tel qu’il ne fallut pas longtemps avant que le tribunal n’acquitte ce collectif de militants. La décision du juge fit jurisprudence quant à la reconnaissance de la négrophobie au sein des forces de police britannique.

 

Noir&Fièrement, Franswa Makandal

Panafricaniste dans l’âme, j’œuvre à mon humble niveau à réunir les membres de la grande famille africaine à travers le monde.