CULTURE

Les programmes de survie du Black Panther Party

Afin d’atteindre ses objectifs organisationnels et d’agir efficacement au service de la communauté noire, le Black Panther Party a développé une grande variété de programmes de survie.

« Nous avons admis que pour amener les gens au niveau de conscience où ils prendraient le temps, il serait nécessaire de servir leurs intérêts en matière de survie. En développant des programmes qui les aideraient à répondre à leurs besoins quotidiens. Pendant longtemps, nous avons eu de tels programmes non seulement pour survivre, mais pour des raisons organisationnelles. » ~ Huey P. Newton

Lorsque l’on évoque le Black Panther Party (BPP), nombreux sont ceux, même au sein de la communauté noire, qui ignorent qu’ils avaient élaborés des « Survival Programs« . En effet, les Black Panthers ont nourri des enfants affamés, escorté des personnes âgées aux banques pour encaisser leurs chèques, administré une école élémentaire engagée et effectué des dépistage de l’anémie falciforme.

Malheureusement, cet engagement au service de la communauté manque de sensationnalisme. C’est bien moins vendeur que des combats entre la police et les membres du Party. Il n’est donc pas étonnant que l’une des seules image qu’ont bon nombre des gens du BPP soit leur confrontation avec les forces de l’ordre américaines. La question des programmes de survie des Panthers à très peu été abordée, alors qu’elle mériterait toute notre attention. Voici un échantillon des services communautaire que dispensait le mouvement :

LES PROGRAMMES DE SANTE:

L’activisme des panthères s’étendait, bien évidemment au domaine de la santé. Ainsi, le Black Panther Party a parrainé plusieurs grands programmes visant à palier le déficit de services médicaux adéquats dans la communauté noire :

Norma Armor, membre du Black Panther Health Framework, s'occupe d'une jeune fille à Oakland durant la campagne municipale de Bobby Seale. Crédit: Stephen Shames / Polaris

Norma Armor, membre du Black Panther Health Framework, s’occupe d’une jeune fille à Oakland durant la campagne municipale de Bobby Seale. Crédit: Stephen Shames/Polaris

  • Les cliniques de santé gratuites: Des People’s Free Medical Centers (Centres médicaux libres pour le peuple) furent crées dans 13 villes des USA. Comme souvent au sein de la communauté noire, les femmes furent la colonne vertébrale ce programme. Beaucoup d’entre elles devinrent d’ailleurs des professionnelles accréditées. Ces centres médicaux offraient par exemple des dépistages pour le cancer, des examens physiques; des traitements et diverses vaccinations.
  • People’s Free Ambulance Service: Ce service d’ambulance gratuit offrait aux membres les plus démunis de la communauté un transport rapide en cas de maladie ou de blessure. Le People’s Free Ambulance Service fonctionnait avec au moins une ambulance disponible 24h/24 en cas d’urgence ou de 8 heures du matin à 5 heures le reste du temps.

 

LES LIBERATION SCHOOLS:

Dès la genèse du Party, ses têtes pensantes se sont opposés au système éducatif américain considéré comme biaisé et raciste. De ce fait, la nécessité d’une éducation pertinente fut affirmée explicitement au point #5 du Programme en 10 points du BPP:

« Nous voulons l’éducation pour notre peuple qui exposerait la véritable nature décadente de la société américaine. Nous voulons une éducation qui nous apprenne notre véritable histoire et notre rôle dans la société actuelleNous croyons en un système éducatif qui donnera à notre peuple la connaisse de lui-même. Si un homme n’a pas la connaissance de sa position dans la société et dans le monde, alors il n’ y a qu’une faible chance pour qu’il s’intéresse à quelque chose d’autre. »

École de la libération des Black Panthers à Oakland, Californie 1968

École de la libération des Black Panthers à Oakland, Californie 1968

Le BPP combattit le problème de l’éducation de mauvaise qualité en créant notamment des « Liberation Schools » (les écoles de la libération). La branche du Black Panther Party de Berkeley fonda l’une des premières écoles de la libération le 25 juin 1969. Les années suivantes, les Panthers ouvrirent des Liberation Schools dans diverses communautés afro-américaines à travers les États-Unis (Seattle, San Francisco, Philadelphie ou New York). Ciblant les enfants afrodescendants de la primaires et du secondaire, les écoles du Black Panther Party s’employaient à forger une nouvelle conscience communautaire afro. Malgré leur existence éphémère, les écoles de la libération incarnèrent la tendance politique et pédagogique afro-américaine la plus dynamique de son époque.

PROGRAMME ALIMENTAIRE GRATUIT:

Le Free Food Program pourvoyait en nourriture gratuite les populations noires défavorisées. Ce programme servait de « béquille » aux plus démunis le temps que leur situation ne revienne à la normale. Il s’agissait à travers cette initiative communautaire :

  • de répondre aux besoins alimentaires des membres de la communauté
  • d’approvisionner un nombre toujours grandissant d’afro-descendants

Ce service consistait en la distribution de sacs de nourriture avec, entre autres des œufs, des fruits et légumes en conserve, du poulet, du lait, des pommes de terre, du riz, du pain, des céréales.

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LE BLACK PANTHER NEWSPAPER:

Bien avant que le journal Negus ne donne la parole aux Noirs, il y avait le Black Panther Newspaper. C’était le média officiel du BPP. Ce tabloïd d’une vingtaine de pages fut publié et distribué nationalement, chaque semaine, dès Avril 1967. Le Black Panther Newspaper parlait :

  • du travail des sections du Black Panther Party dans tout le pays,
  • des communautés noires et autres opprimées aux États-Unis, en Afrique et dans le reste du monde,
  • de l’idéologie du parti,
  • des questions relatives à la libération de l’humanité de l’oppression de toute nature.

A chaque époque son journal

 

Ce n’est là, qu’un bref aperçu des programmes de survie dont la communauté noire américaine fut bénéficiaire. Ces derniers contribuèrent non seulement à l’amélioration des conditions de vie des Afro-américains. De plus, cet engagement militant au service de la communauté a contribuer à transformer des Noirs impuissants et pauvres en individus politiquement conscients. Un exemple, un héritage une inspiration.

 

Panafricaniste dans l’âme, j’œuvre à mon humble niveau à réunir les membres de la grande famille africaine à travers le monde.