SOCIÉTÉ

Le casier judiciaire de Marcus Garvey bientôt effacé

Le ministre jamaïcain de la Justice, Delroy Chuck, a déclaré que le gouvernement s’apprêtait à effacer le casier judiciaire du chantre du panafricanisme, Marcus Garvey.

Lors d’une séance à la Chambre des représentants, le ministre jamaïcain de la Justice a annoncé que le casier judiciaire de Marcus Garvey serait effacé.

Le casier judiciaire de Marcus Garvey entache la mémoire et l’oeuvre de celui qui est désormais une fierté nationale. C’est pour cela que le 11 Octobre 2016, Delroy Chuck répondant à une question d’un membre de l’opposition à ce sujet, a affirmé que l’ardoise judiciaire serait épongée. 1984 fut déjà une première étape dans la réhabilitation du héro de la nation. En effet, le pardon royal lui fut accordé de manière posthume. Cependant ainsi que le  rappela le Ministre de la Justice :

« Toutefois, cette grâce, en vertu de l’article 91 de la Constitution, affecte seulement la peine et non la condamnation. En tant que tel, une réhabilitation légale est nécessaire, 

Vingt ans après sa mort à Londres le 10 Juin 1940,  le corps de Garvey fut rapatrié en Jamaïque. Le gouvernement l’enterra avec tous les honneurs dans un  sanctuaire dans le parc national des héros. Il fut érigé au panthéon des personnalités jamaïcaines. Ce casier judiciaire constitue un affront et ne peut, en effet, pas demeurer tel quel.

Marcus Garvey s'est sacrifié en essayant d'élever les conditions de vie des populations noires à travers le monde.

Mémorial de Marcus Garvey et dernier lieu de repos de Marcus Garvey qui sacrifia en essayant d’élever les conditions de vie des populations noires à travers le monde.

L’objet de la condamnation

En juillet 1929, Fiennes Barrett-Lennard, Juge colonial britannique, ordonne la confiscation de la propriété de l’Universal Negro Improvement Association (UNIA) fondée par Garvey. Assisté de son avocat, il tente d’empêcher la vente aux enchère des biens confisqués. Selon la justice, cette vente n’était en rien légale. Par la suite, au cours d’un meeting politique, Garvey dénonce le caractère oppressif du système judiciaire de son pays et traite les juges de corrompus. Un « outrage » qui lui valut 3 mois d’emprisonnement à la maison d’Arrêt de Sainte Catherine, ainsi qu’une amende de 100 livres. Cette peine d’emprisonnement lui fit perdre son siège de président du People’s Political Party*. Malgré tout, Marcus Garvey fut réélu en 1930 à l’unanimité.

 * Le parti politique du peuple (ou PPP) fut le premier parti politique moderne de Jamaïque. Il est fondé en septembre 1929 par Marcus Garvey.

Panafricaniste dans l’âme, j’œuvre à mon humble niveau à réunir les membres de la grande famille africaine à travers le monde.

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