SOCIÉTÉ

Nestlé, Mars et Hersey’s poursuivis pour traite d’enfants esclaves

Les trois multinationales du chocolat sont accusées de faire travailler des enfants dans leurs exploitations de cacao en Côte d’Ivoire. Une plainte collective (class actions) a été déposée en Californie auprès du cabinet juridique américain Hagens Berman, spécialisé dans le droit des consommateurs.

Entre 300 000 et  1 million d’enfants exploités

Selon la fondation internationale pour le cacao (ICI), une organisation créée par l’industrie du chocolat pour lutter contre le travail des enfants dans la filière, entre 300 000 et 1 million d’enfants travaillent occasionnellement ou de manière forcée dans des plantations en Afrique de l’Ouest notamment en Côte d’Ivoire -premier pays producteur de cacao-. De son côté, class actions (l’auteur de la plainte) contre les trois géants chocolatiers parle de 1,1 million d’enfants exploités. Soit plus de 51 % d’enfants esclaves en 2015 par rapport à 2001. Plus d’enfants qui se font fouetter et qui travaillent du matin au soir sans aucune rémunération. Souvent originaires du Burkina Faso, de la Guinée, du Mali et du nord de la Côte d’Ivoire, les enfants esclaves ont entre 5 ans et 16 ans, ils sont généralement enlevés puis vendus à des trafiquants d’enfants. Ils produisent le chocolat que nous mangeons dans des conditions souvent très dangereuses pour leur santé -expositions à des substances toxiques, port de charges lourdes… et représentent une main d’œuvre bon marché pour les compagnies de chocolat.

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La carte de l’ignorance

Déjà accusé en août dernier pour implication dans un système d’esclavage et de trafic d’êtres humains dans la pêcherie de crevettes en Thaïlande pour produire des aliments pour chats de la marque Fancy Feast, le groupe suisse Nestlé se défend de toute exploitation et comme ses deux concurrents plaide l’ignorance en remettant la faute sur ses fournisseurs. « Le travail des enfants n’a pas sa place dans notre chaîne de création de valeur » a déclaré Nestlé avant de prôner une attitude « proactive et axée sur le long terme et d’ajouter» et de rajouter « Nous prenons des mesures pour éliminer par étapes le travail des enfants. En examinant chaque cas, nous attaquons le problème à sa racine ».

De l’autre côté Steven Berman, un membre du cabinet Hagens Berman affirme « Les consommateurs qui sont venus nous consulter ont été indignés d’apprendre que les sucreries qu’ils mangent avaient un arrière-goût si sombre et amer, que le travail des enfants et l’esclavagisme faisaient partie de la production de chocolat par Nestlé, Mars et Hershey’s ».

En 2013, la Côte d’Ivoire avait signé un accord de coopération avec le Burkina Faso pour lutter contre la traite des enfants. Mais malgré cela, ce fléau demeure un problème majeur dans la filière du cacao. En Californie, les habitants ont déposé un recours collectif, obligeant les trois marques à indemniser les personnes qui ont acheté leurs produits et par conséquent contribué involontairement à la traite d’enfants. Ils souhaitent que l’étiquetage des produits précise les pratiques abusives et esclavagistes dont sont victimes les enfants.

On a du mal à croire que ces trois entreprises qui détiennent 60 % de la production mondiale de chocolat -production qui vient tout droit de l’Afrique de l’Ouest- ne soient pas au courant des pratiques de leurs fournisseurs qui portent atteinte aux Droits humains alors qu’elles se disent responsables sur le plan social et ethique…

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Source photos : la releve et la peste*

Passionée par l'écriture, la beauté et la mode, toujours dans l'idée de promouvoir l'excellence noire, j'ai décidé de créer une page Facebook (Jalia), dédiée à la femme.

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