SOCIÉTÉ

Un basketteur nigérian licencié pour son tweet « Je ne suis pas Charlie »

Le basketteur nigérian Akin Akingbala, pivot du club de Rouen, a publié un tweet qui n’a pas plu à ses dirigeants. En occurrence, « Je ne suis pas Charlie ». Sa direction en a profité pour mettre fin à son contrat.

Depuis les attentats de Paris, il est de bon ton de respecter le slogan de soutien aux journalistes de Charlie Hebdo tués par les frères Kouachi : « Je suis Charlie ». Et, personne n’est censée s’écarter de cette ligne de conduite sous peine d’en payer le prix fort. Le basketteur nigérian Akin Akingbala, évoluant à Rouen, l’a appris à ses dépens. En publiant ce tweet « Je ne suis pas Charlie, je suis Ahmed, le policier mort. Charlie a ridiculisé ma foi et je suis mort en défendant son droit de le faire », le sportif a été viré par sa direction.

En fait, il s’agit d’un tweet qui avait été publié auparavant par le chroniqueur flamand Dyab Abou Jahjah. Le joueur de Pro A (l’élite du championnant français de Basket, ndlr) n’a fait que le retweeter, c’est tout. Pourtant, il a été limogé. Pour quel motif ?

 

Faute grave ?

Selon le club de Rouen, le basketteur nigérian n’a pas respecté les clauses du contrat, rapporte Le Nouvel Obs Sports. « Le SPO Rouen Basket a licencié le joueur Akinlolu Akingbala pour non-respect des clauses de son contrat de travail. En effet, Akinlolu Akingbala avait fait l’objet de plusieurs avertissements. Le joueur a quitté le club ce matin. Aucune information ne sera donnée sur les faits reprochés au joueur », indique le site officiel du SPO Rouen Basket. D’après la direction de la formation, le basketteur nigérian avait déjà été averti  pour « insubordination (et) manquement (aux) règles de vie de l’équipe ». Par conséquent, c’est justifé de licencier un salarié « hors de forme ».

Licenciement abusif ? C’est ce que dénonce l’avocat du pivot, Maître Romuald Palao. Pour lui, son client a été démis de ses fonctions pour des motifs litégieux.« On lui reproche d’avoir enfreint l’article des contrats de Pro A stipulant un devoir de loyauté et respect de la part du joueur à l’égard de son employeur, et l’interdiction de porter atteinte à l’honneur de l’entreprise », explique-t-il dans les colonnes du quotidien national L’Equipe. Et d’ajouter « Je ne vois pas le rapport avec son message. C’est un simple prétexte, que le club cherchait depuis déjà des mois, pour se séparer d’un joueur dont ils ne voulaient plus ». Avant de conclure : « M. Akingbala conteste la faute grave et nie par ailleurs tout caractère anti-religieux de ce tweet. La foi dont on parle n’est même pas la sienne (le joueur est de confession chrétienne, ndlr). »

Le justice française se prononcera le 4 juin prochain. Affaire à suivre…

Journaliste-reporter, cool et branché. La politique est mon dada. J'aime aussi : la culture, les Etats-Unis, le PSG, l'électro et la mode. Je suis un épicurien qui croque la vie à pleine dent. "Je ne suis pas là pour plaire ou déplaire, mais pour porter la plume dans la plaie" (Albert Londres).

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