POLITIQUE

RDC : « Kabila fait diversion pour organiser sa réélection »

Le président congolais Joseph Kabila a promulguée, jeudi 12 février sur la télévision publique, la loi électorale qui l’interdit de présenter une nouvelle candidature à sa propre réélection. De son côté, la Commission électorale nationale indépendante (Céni) a publié le calendrier officiel des échéances électorales : les scrutins présidentiel et législatif auront lieu le même jour, c’est-à-dire le 27 novembre 2016.

En promulguant la loi électorale, est-ce que Joseph Kabila accepte enfin de quitter le pouvoir à la fin de son deuxième mandat ? Rien n’est moins sûr. Malgré la publication par la Commission électorale nationale indépendante (Céni) du calendrier des élections présidentielle et législatives, plusieurs contraintes pourront entraver la date prévue pour ces écheances électorales, fixée au 27 novembre 2016.

En occurrence, « les élections étant une affaire des Congolais, il revient au gouvernement de la République de mobiliser environ 1 milliard 145 millions 408 680 USD pour la mise en œuvre du calendrier électoral 2015-2016, même si la communauté internationale ne vient qu’en appui, commente le journal congolais L’Avenir. Autre problème qui risque de se poser, c’est l’actualisation du fichier électoral nécessitant un recensement de la population. Enfin, les élections législatives ne pourront pas avoir lieu si le projet de « loi de répartition des sièges » des députés n’est pas voté.

Malgré la promulgation de la loi électorale ainsi que la publication du calendrier des élections, les Kinois restent sceptiques à ces annonces.

« Les inquiétudes autour de la tenue des élections sont loin d’être levées ».

Junior Kabongo est un fan inconditionnel de la politique. Comme tous les soirs, cet étudiant kinois a suivi hier soir le journal télévisé national. Le jeune  homme de 27 ans a, bien entendu, écouté le discours du président Joseph Kabila lorsqu’il a promulguée la loi électorale : « On est rassurés par ce premier pas, même si les inquiétudes autour de la tenue des élections sont loin d’être levées. Et de poursuivre : « quand la Céni elle même reconnait qu’il y a des contraintes surtout au niveau financier (budget de plus d’un milliard de dollars), on est rassurés mais on reste attentifs car je pense que Kabila cherchera par tous les moyens de contourner le calendrier électoral ».

Du même avis, Daniel n’y croit plus aux institutions de son pays : « la Céni est une institution corrompue et contrôlée par le pouvoir en place. On se souvient des élections de 2006 et 2011, les résultats publiés et les victoires proclamées n’étaient pas du tout le reflet des bulletins de vote déposés dans les urnes, je suis sur qu’il en sera de même en 2016. « Que la Céni publie le calendrier électoral ou non, ça reste et restera la même mélodie tant que notre chère population ne dira pas d’une seule voix, non, estime-il et de préciser  : « ce qui s’est passé en 2006 et réédite en 2011, mais comme on dit, jamais deux sans trois. « Les impérialistes occidentaux qui tirent toujours les ficelles et laissent les politiciens congolais fantasmer aujourd’hui, savent comment s’y prendre pour que le vainqueur du scrutin soit celui qu’ils auront soutenu », regrette-t-il.

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« Je ne crois pas à la Céni ».

Contacté par Nofi, Jean-Louis Tshimbalanga, président de l’association Convergence pour l’émergence du Congo, ne se fait plus d’illusion. Pour lui, « les institutions sont illégitimes. Et d’ajouter : « Je ne crois pas à la Céni. C’est une façon de calmer la population afin de permettre au chef de l’Etat de tout mettre en oeuvre pour sa réélection ».

D’après ce militant basé à Paris, les annonces faites par Kabila fils ainsi que par la Céni ne changent rien. Car « la volonté de modifier la loi électorale démontre que le président tient à se représenter. C’est pourquoi il doit partir cette année 2015 parce qu’on ne peut pas aller d’irrégularité en irrégularité et laisser un tricheur organiser ces élections », souligne-t-il.

 

Journaliste-reporter, cool et branché. La politique est mon dada. J'aime aussi : la culture, les Etats-Unis, le PSG, l'électro et la mode. Je suis un épicurien qui croque la vie à pleine dent. "Je ne suis pas là pour plaire ou déplaire, mais pour porter la plume dans la plaie" (Albert Londres).

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