POLITIQUE

[SIERRA LEONE] L’ONU ET L’ÉCHIQUIER AFRICAIN

Les Nations unies sont partout en Afrique. En période de crise, ses dirigeants envoient leurs fameux casques bleus, dans le but officiel d’apporter une aide aux pays en difficulté. Si, souvent, l’inefficacité de leur intervention fut avérée, cela n’a joué en rien dans le raccourcissement de leurs missions

SK
Ainsi, après quinze ans de présence, les Nations unies ont enfin décidé de se retirer de la Sierra Leone.
Ce petit pays d’Afrique greffé à la Guinée, Ô combien instable, a connu une guerre meurtrière de plus de dix années consécutives, et sans véritable résolution.
Ce retrait inespéré coïncide étrangement avec la décision de Ban Ki-Moon de renforcer la présence militaire en Centrafrique. En effet, 10 000 hommes c’est beaucoup, il faut forcément en retirer par-ci pour en envoyer par-là.
Le secrétaire général des Nations unies est arrivé hier, mardi 4 mars, à Freetown en Sierra Leone. Il a été reçu par le ministre des Affaires étrangères, Samura Kamara, et est attendu aujourd’hui par Ernest Bai Koroma, le chef d’État.
C’est donc la fin du Binucsil (Bureau intégré des Nations unies pour la consolidation de la paix en Sierra Leone), surmission onusienne débutée en 2008, qui fut en fait une modification, relativement effective, du programme initial de retour à la paix.
Toutefois, il est bon d’observer que ce retrait n’est pas motivé par de bonnes raisons. Il ne s’inscrit en rien dans un processus d’autonomie des États africains, mais seulement dans celui d’un déplacement stratégique pour colmater les fissures.
L’ONU sait se rendre indispensable sur le terrain, ce qui rend dangereux le retrait. Une fois partie, il est probable que le conflit reprenne plus violemment et que le secours devienne réellement inexistant.

SK est la rédactrice/ journaliste du secteur Politique, Société et Culture. Jeune femme vive, impétueuse et toujours bienveillante, elle vous apporte une vision sans filtre de l'actualité.

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