SOCIÉTÉ

Le jour de la fête nationale américaine, Colin Kaepernick choisit de retrouver ses racines au Ghana

Le footballeur et activiste américain Colin Kaepernick a envoyé un fort signal au public en décidant de poster la vidéo de sa visite du continent de ses ancêtres le jour de la fête nationale américaine.

Par Sandro CAPO CHICHI / nofi.fr

Sur son compte Instagram, Kaepernick a posté, le 4 juillet 2017,une vidéo de son voyage au Ghana accompagnée d’un texte commençant par des propos issus du discours de Frederick Douglass « Qu’est-ce que le 4 juillet pour l’esclave » où ce dernier dénonce la jour de l’indépendance américaine comme une hypocrisie qui a continué la mise en esclavage des Noirs.

"What have I, or those I represent, to do with your national independence?" – Frederick Douglass. In a quest to find my personal independence, I had to find out where my ancestors came from. I set out tracing my African ancestral roots, and it lead me to Ghana. Upon finding out this information, I wanted to visit the sites responsible for myself (and many other Black folks in the African Diaspora) for being forced into the hells of the middle passage. I wanted to see a fraction of what they saw before reaching the point of no return. I spent time with the/my Ghanaian people, from visiting the local hospital in Keta and the village of Atito, to eating banku in the homes of local friends, and paying my respects to Kwame Nkrumah's Memorial Park. I felt their love, and truly I hope that they felt mine in return.

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Il a a ensuite écrit :
« Dans ma quête pour trouver mon indépendance personnelle, j’ai du trouver d’où mes ancêtres venaient. J’ai décidé de chercher mes racines ancestrales africaines et elles m’ont mené au Ghana. En découvrant cette information, j’ai voulu visiter les sites à cause desquels moi-même (et beaucoup d’autres Noirs de la diaspora africaine) avons été forcés de subir l’enfer de la traite transatlantique. Je souhaitais voir une partie de ce qu’ils ont vu avant d’atteindre le point de non-retour. J’ai passé du temps avec le / mon (sic) peuple ghanéen, visitant un hôpital à Kéta et le village d’Atito, mangeant du banku (plat local NDLR) dans la maison d’amis vivant sur place, et me recueillant sur le monument à la mémoire de Kwame Nkrumah. J’ai ressenti leur amour et j’espère sincèrement qu’ils l’ont ressenti le mien en retour. »

Sur Twitter, Kaepernick a posté la même vidéo accompagnée du message  « Comment peut-on célébrer l’indépendance un jour où l’on a intentionnellement volé celle de nos ancêtres »?

Kaepernick a notament visité le fort négrier de Cape Coast et l’installation représenté les victimes de la traite par l’artiste Kwame Akoto Bamfo. Quelques jours plus tôt, Kaepernick avait aussi visité l’Egypte avec son ancien coéquipier des San Francisco 49ers Marquise Goodwin comme l’attestent des photos postées sur le compte Instagram de ce dernier.

KMT // the black land // Day 1

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Avec ces posts, Kaepernick a évidemment causé l’ire d’une partie du public américain qui l’accuse d’anti-patriotisme depuis sa décision de s’agenouiller durant l’hymne national pour protester contre les violences policières à l’endroit des Noirs. Par son récent voyage au Ghana, Kaepernick a à nouveau accentué la fracture qui le sépare des patriotes américains qui ne le considèrent plus comme l’un des leurs. Il a toutefois grandement contribué à reconstruire le pont dont l’absence depuis six siècles, sépare les enfants de l’Afrique présents sur les deux rives de l’Atlantique.