Saartjie Baartman : l’histoire bouleversante de la Vénus Hottentote

saartjie baartman

Saartjie Baartmande son vrai nom Swatche, est née en 1789 au Cap, en Afrique du Sud. Après avoir été abusée, exploitée et prostituée, celle que l’on surnomme la Vénus Hottentote décédera à Paris vingt-sept ans plus tard, malade, alcoolique, seule, désespérée.

Par Sandrine D./nofi.fr

Les parents de Saartjie décèdent alors qu’elle n’est qu’une enfant, massacrés par les colons hollandais à peine arrivés. C’est dans un orphelinat qu’elle apprendra le métier de servante, avant d’être mise au service de la famille d’Hendrick Caesar. La politique coloniale et chrétienne en vigueur d’alors lui impose de changer son prénom Swatche en Saartjie, qui signifie Sarah en néerlandais. Lorsque Dunlop, un ami de son maître en visite la voit pour la première fois, il propose à Hendrick de l’emmener en Europe pour l’exhiber. En effet, Swatche était une femme au physique stéatopyge et donc dotée d’un buste très fin contrastant avec ses hanches très larges et ses fesses callipyges. Outre des prédispositions génétiques, il était traditionnel dans sa culture de masser les formes féminines avec des matières grasses et des onguents aux formules secrètes, pour avoir un fessier protubérant dépassant la ligne du dos d’un pied.

Afin de convaincre la jeune femme, alors âgée de 21 ans, les deux hommes lui promirent qu’en tant que huitième merveille du monde, elle ferait fortune en un claquement de doigts, avant de revenir très vite sur ses terres natales. Saartjie, qui rêvait de s’acheter une ferme, accepta. Le trio quitta l’Afrique du Sud en avril 1810. Le trajet en bateau dura six mois et ce laps de temps permit aux deux hommes de peaufiner un spectacle consistant à faire passer Saartjie pour une sauvage.

L’exhibition de la jeune femme en Angleterre créa des émules. Entre cris, grognements et twerk (danse où l’on mime l’acte sexuel, en secouant les fesses), l’argent pleuvait dans les poches d’Hendrick et de Dunlop. Sa tenue consistait en une combinaison très moulante et transparente, rehaussée d’épais colliers traditionnels, et d’une sorte de pagne cachant son sexe. Après le show, tout le monde se pressait pour lui toucher les fesses, et Saartjie fut surnommée « Fat Bum », ce qui signifie grosses fesses. Mais un mois après leur arrivée, certaines personnes outrées avertirent une association de lutte pour les droits des personnes noires, qui mit Hendrick et Dunlop devant la justice pour indécence et exploitation. Malgré ces humiliations, Saartjie croyait toujours en un avenir meilleur, par ailleurs, elle craignait les maltraitances des deux hommes. Lors du procès, où il lui fut proposé d’être rapatriée dans son pays, elle affirma agir de son plein gré et être payée pour ses représentations, en admettant juste ne pas avoir de vêtements assez chauds.

Après quatre ans de tournées dans toute l’Angleterre, Dunlop perdit Saartjie aux jeux et la céda à Réaux, un montreur d’ours français. En septembre 1814, la Vénus Hottentote se retrouva à Paris et cette fois, c’était la haute société qui payait cher pour des représentations privées. Très vite, cela devint de la pornographie. La malheureuse Saartjie fut contrainte d’exposer ses parties intimes, pour montrer son « tablier hottentot », qui est une élongation des petites lèvres du sexe (macronymphie). Dans sa culture, dès lors qu’une  fille avait ses règles, on incisait les petites lèvres pour y insérer un caillou. Au fur et à mesure, les cailloux étaient de plus en plus lourds, étirant ces deux membranes jusqu’à parfois plus de 10 cm de long. Le gland du pénis de l’homme était alors totalement enveloppé par ces lèvres hyper-développées, lui offrant un maximum de plaisir. Des hommes intrigués payeront très cher pour coucher avec la Vénus Hottentote, qui deviendra une prostituée, et sombrera dans l’alcoolisme afin de supporter cette vie d’une tristesse absolue.

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Le 29 décembre 1815, c’est dans un taudis que Saartjie Baartman décèdera dans la solitude à l’âge de 27 ans, usée et malade. Comme ultime outrage, son cadavre sera vendu par Réaux au naturaliste Georges Curvier, qui fera mouler son corps avant de le disséquer. Son cerveau et ses organes génitaux seront conservés dans des bocaux de formol, et son squelette reconstitué afin d’être exposé au musée d’Histoire Naturelle.

Lorsque Nelson Mandela est élu président de la nation sud-africaine, il doit se battre pour récupérer les restes de Saartjie afin de lui offrir une sépulture digne. C’est avec une grande émotion que Mama Saarjie sera finalement accueillie sur ses terres en 2002, deux siècles après en être partie. Elle repose désormais aux pieds des collines qui l’ont vu naître, avec ses ancêtres.

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A propos de l'auteur :

Sandrine

Originaire de la Caraïbe, je suis une amoureuse de nos riches et fascinantes cultures noires. J'aime particulièrement conter nos belles histoires.

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