Kivu : une terre africaine foulée aux pieds, souillée et pillée

La province du Kivu, située à l’est de la République Démocratique du Congo, est une terre gorgée de richesse, et objet de la convoitise des pays frontaliers voisins. Depuis fin 1996, elle est constamment saignée pour le compte des multinationales sur fond de guerres opposant le Congo à ses pays voisins. On estime à environ 6 millions le nombre de morts dues aux massacres, à la famine et aux maladies, près de 4 millions de déplacés et des centaines de milliers de personnes appauvries en vingt ans. Pour comprendre le fil ayant mené à cette catastrophe humanitaire, il est indispensable de remonter le temps, afin de décrypter les enjeux politiques et financiers de cette situation complexe.

Cela commence en 1885 lors de la conférence de Berlin, où les puissances coloniales occidentales se partagent l’Afrique en fonction de leurs contrats commerciaux. Les frontières du Congo sont alors tracées, et ce grand pays qui fait cinq fois la France est déclaré propriété personnelle du roi  belge Léopold II. Celui-ci tirera du Congo une immense fortune, par l’imposition du travail forcé des populations et l’exploitation du caoutchouc et de l’ivoire.

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Le Congo sous le règne de Léopold II. Pour imposer le travail forcé, il n’hésite pas à massacrer et à mutiler le peuple. Un des sévices qu’il adore appliquer: couper les mains.

En inspectant le pays, les Belges découvrent d’immenses réserves d’or, de diamants, de cobalt, de cuivre, de manganèse, d’uranium, d’iron et autres ressources naturelles. Depuis, la puissance de l’Occident et son économie reposent sur l’exploitation de ces minerais, indispensables à la joaillerie ainsi qu’aux industries technologiques, aérospatiales, automobiles et électroniques. Bien que l’indépendance du Congo fut proclamée en 1960, la politique de prédation des richesses minières est toujours active. Les chefs d’États sont placés au pouvoir par l’Occident en fonction de ses intérêts géostratégiques. C’est dans cette logique que fut assassiné Patrice Lumumba, tout Premier ministre du Congo qui refusait de plier genoux.

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Le génocide Tutsi de 1994, au cours duquel  800 000 Tutsis furent massacrés par les Hutus en l’espace de trois mois,  est un point capital pour la suite des événements. Juste après le génocide, l’accession au pouvoir du Front Patriotique Rwandais (FPR) composé de Tutsis effraie des Hutus, qui craignent des représailles et fuient au Congo, pays voisin. Ils sont alors environ 2 millions de Hutus, dont parmi eux des génocidaires armés, exfiltrés discrètement par la France du gouvernement Chirac-Balladur, qui les avaient soutenu lors du génocide.

 

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Cependant, l’armée rwandaise traverse la frontière à la poursuite des réfugiés Hutus, déterminée à éradiquer les militaires génocidaires qui pourraient menacer de nouveau le Rwanda. De plus, cette intrusion au Zaïre ayant également la motivation secrète de piller le Kivu, l’armée Tutsi en profite pour s’y installer. En effet, le FPR avait contracté d’immenses crédits durant ses années de rébellion, qu’il fallait rembourser or, le Kivu est une région au sous-sol extrêmement riche en minerais.

Les massacres de Hutus qui s’ensuivent font craindre à Mobutu une exportation du conflit rwandais Tutsis VS Hutus sur son territoire. Les réfugiés Hutus deviennent alors indésirables et sont priés de quitter le Congo sous peine de mort. Acculés, certains d’entre eux décident de s’allier aux opposants politiques dans leur combat pour faire tomber Mobutu, plutôt que de repartir vers un destin incertain. L’alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Zaïre (AFDL) ainsi formée, et dirigée par Laurent-Désiré Kabila marche en direction de la capitale, Kinshasa. Ils sont alors soutenus par Paul Kagame, président du Rwanda qui leur adjoint ses milices Tutsis, et de Yoweri Museveni, président de l’Ouganda.

Le 17 mai 1996, la résistance s’effondre et Mobutu, déchu, prend la fuite au Maroc où il décède peu après. Kabila s’empare officiellement du pouvoir le 20 mai et rebaptise le Zaïre en République Démocratique du Congo. Ce fut la première guerre du Congo, qui débuta en novembre 1996 et pris fin à la chute de Mobutu Sese Seko, président du Zaïre et complice présumé du meurtre de Patrice Lumumba.

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Patrice Emery Lumumba et Mobutu Sese Seko

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A propos de l'auteur :

Originaire de la Caraïbe, je suis une amoureuse de nos riches et fascinantes cultures noires. J'aime particulièrement conter nos belles histoires.

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