Polygamie : une histoire de sexe ? (1ère partie)

La polygamie concerne une personne ayant contracté plusieurs mariages. Ce terme englobe la polygynie, fait pour un homme d’avoir plusieurs épouses ; et la polyandrie, fait pour une femme d’avoir plusieurs époux. Si la polygynie est répandue, et revendiquée par certains, la polyandrie en revanche est rare et très mal tolérée. En tant que femme, difficile de ne pas ressentir cette situation comme une profonde injustice. Personnellement, j’avais des crampes au ventre et des boutons d’eczéma rien que d’y penser ! Cependant, la curiosité et mon amour pour le savoir m’ont poussé à me pencher sur ce sujet brûlant qui attise bien des passions.
Ainsi donc, la polygamie n’est t-elle qu’une vulgaire histoire de sexe avec comme protagonistes des hommes en rut profitant de femmes totalement aliénées ? Ou bien a-t-elle des raisons d’être ? Afin de tenter d’y répondre, je vous propose une analyse de la polygamie, en incluant ses aspects biologiques, religieux et sociétaux.

La polygamie sous l’angle biologique

Biologiquement, l’espèce humaine est mammifère. En effet, conformément à la définition, nous sommes des êtres vertébrés, vivipares, possédant un cœur à quatre cavités, un système nerveux et encéphalique développé, une température interne constante, une respiration de type pulmonaire et surtout, nous possédons des mamelles.

À de rares exceptions, les mammifères sont polygames. Le mâle féconde la femelle puis s’en va en féconder d’autres, son instinct le poussant à se reproduire au maximum pour propager ses gènes. Pour cela, il produit des millions de spermatozoïdes par éjaculation, alors que la femelle est limitée dans sa polygamie par ses périodes d’ovulation, de grossesse et d’allaitement. Sachant que chez les êtres humains, la mortalité infantile est très élevée, la polygamie masculine permet d’ensemencer plus de femmes, donc d’accroître le nombre de naissances global. En 2012, les Nations-Unies ont estimé à 4,8 millions le nombre d’enfants morts avant l’âge d’un an, soit 73% des décès d’enfants de moins de cinq ans.

Par ailleurs, dans les espèces monogames, les mâles ne sont ni plus gros, ni plus lourds que les femelles. Dans les espèces polygames en revanche, les mâles sont plus gros que les femelles. Cela s’explique par leur mode de fonctionnement stipulant que seuls les plus forts ont le droit de se reproduire, pour l’amélioration de l’espèce. Les mâles n’auront donc accès aux femelles qu’après de rudes compétitions avec les autres mâles, c’est pour cela que les hommes sont plus costauds et forts que les femmes. Il semble donc que l’humain est biologiquement une espèce polygame, avec une tendance bien plus accentuée chez les hommes que les femmes.

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La polygamie sous l’angle religieux

La plupart des croyants rejette l’idée que l’humain n’est qu’un mammifère. Les défenseurs des droits de la femme pointent du doigt l’islam, l’accusant d’avoir inventé la polygamie. Pourtant, il semble que celle-ci existe depuis la nuit des temps, on y trouve ses traces depuis l’Égypte antique, comme sur la fresque représentant Mery-Aa et ses six femmes.

Les trois religions monothéistes (affirmant l’existence d’un Dieu unique) à savoir le judaïsme, le christianisme et l’islam, s’accordent sur l’apparition des premiers êtres humains. Ainsi, à partir de terre le Créateur modela un homme, Adam, et de sa côte forma la femme, Ève. Et il dit : « C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et les deux formeront une seule chair. Que l’homme donc ne sépare pas ce que Dieu a joint ». Ainsi, une femme fut créée pour Adam, et non un harem composé d’Ève, Aïssata, Fatou, Binta et N’Deye. La monogamie serait donc le modèle voulu par le Très-haut. Pourtant, la polygamie a toujours existé, au sein-même de ces trois religions, christianisme inclut.

Dans le Coran 4:3 il est écrit : « Il vous est permis d’épouser deux, trois ou quatre femmes parmi celles qui vous plaisent; mais si vous craignez de ne pouvoir être juste envers elles, alors une seule ou bien des esclaves de peur d’être injustes.» 

Plusieurs raisons ont été évoquées pour expliquer ce passage coranique. À l’époque, il y avait beaucoup de guerres et de croisades entraînant le décès d’énormément d’hommes. Le nombre de femmes célibataires et de veuves s’en trouvait excédentaire. Or, il était très mal vu pour une femme d’être célibataire, car une femme sans homme n’engendre pas de descendance, ce qui menace la perpétuation de la population. De plus, la solidarité préconisait aux hommes ayant survécu de prendre à leur charge les veuves et les orphelins, marier plusieurs femmes s’apparentait donc à un acte chevaleresque. Autre argument, les femmes sans mari donc sans protection financière étaient contraintes de se prostituer pour subvenir à leurs besoins et ceux de leurs enfants. Le mariage polygame était un moindre mal à côté de ce désagrément.

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Les livres saints de ces trois religions sont émaillés d’exemples de polygames dont Lémec, Abraham, Jacob, David et Salomon. D’ailleurs, la Bible présente plusieurs passages afin de réguler les abus. Dans Deutéronome 21:15, il est écrit : « Si un homme, qui a deux femmes, aime l’une et n’aime pas l’autre, et s’il en a des fils dont le premier-né soit de la femme qu’il n’aime pas, il ne pourra point, quand il partagera son bien entre ses fils, reconnaître comme premier-né le fils de celle qu’il aime, à la place du fils de celle qu’il n’aime pas. » Autre exemple en Exode 21:10 : « S’il prend une autre femme, il ne retranchera rien pour la première à la nourriture, au vêtement, et au droit conjugal. »

Malgré ces cas de polygamie, notons toutefois que pour les chrétiens, la monogamie reste l’idéale, car Jésus a dit « celui qui répudie sa femme, sauf pour infidélité, et qui en épouse une autre, commet un adultère. » c’est à dire que celui qui épouse une autre femme alors qu’il est déjà marié, le divorce étant rejeté par Dieu, commet un péché d’adultère. De même il est écrit dans 1 Corinthiens 7:2 « Que chacun ait sa femme, et que chaque femme ait son mari ». Par ailleurs, l’apôtre Paul a imposé aux diacres et aux évêques l’impératif d’être marié à une seule femme afin de « montrer l’exemple ».

Dans le judaïsme, on distingue deux branches : les Ashkénazes et les Séfarades. Suite aux abus d’hommes qui prenaient jusqu’à des centaines de femmes, laissant sur le carreau énormément d’hommes célibataires en s’accaparant toutes les femmes, Rabbenu Gershom fit un décret interdisant la polygamie durant mille ans aux Ashkénazes. Cette interdiction fut également  adoptée par les Séfarades. Les mille ans d’interdiction ont pris fin, pourtant la monogamie continue d’être la norme chez les Juifs.

Actuellement, seuls quelques chrétiens Mormons et quelques Israélites sont polygames. De même en Islam, la monogamie est majoritaire et cette tendance s’accentue.

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A propos de l'auteur :

Originaire de la Caraïbe, je suis une amoureuse de nos riches et fascinantes cultures noires. J'aime particulièrement conter nos belles histoires.

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