Le président namibien appelle à l’expropriation des fermiers blancs

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Hage Geingob, le président de la Namibie a déclaré mardi 21 Mars dernier que son gouvernement envisageait sérieusement d’exproprier les fermiers blanc, afin  de stimuler le transfert des biens fonciers à la majorité autochtone.

Lors de la 27e célébration de l’indépendance de la Namibie, le président Hage Geingob a déclaré que son gouvernement devrait modifier une partie de la Constitution afin que celle-ci permette l’expropriation foncière assortie d’une compensation équitable, puisque le processus de redistribution des terres traîne depuis de trop nombreuses années. A ce sujet, Hage Geingob, 3ème président de la Namibie depuis que le pays s’est libéré de l’apartheid d’Afrique du Sud en 1990, déclarait ceci :

« Si nous nous engageons à poursuivre la croissance économique et à sauvegarder la paix, alors chacun devrait être ouvert à de nouvelles approches. Cela signifie que nous devons recourir à notre Constitution qui permet l’expropriation de terres conditionnée par une compensation équitable, et aussi réexaminer la question de l’accès à la propriété foncière pour les étrangers ».

Ce petit pays d’Afrique australe, tour à tour colonisé par les portugais, les britanniques et les allemands et qui passa sous domination de l’Afrique du Sud est indépendant depuis le 21 Mars 1990.  Quatre ans plus tard, le 6 septembre 1994, la Namibie, qui est l’un des pays les plus jeunes d’Afrique,  se lance dans sa première réforme agraire. A cette époque, cette loi se limite aux terres commerciales, mais prévoit déjà dans son arsenal juridique l’expropriation et le rachat forcé des terres. Cependant, les anciens colons d’origine européenne ne  se voient que très peu inquiéter par cette loi du fait qu’ils sont les principaux créateurs de richesses du pays.

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En 2005, seul 1 % des terres commerciales de la Namibie ont été attribuées à des autochtones et près de 44% des terres agricoles appartenaient à des fermiers de souche européennes. De cette situation ne pouvait naître que des tensions… Depuis, la question de la réforme agraire du pays  s’est avérée longue et coûteuse. Fin de 2015, 27 % des terres furent, selon le syndicat de l’agriculture namibien, redistribuées. C’est donc dans ce contexte de partage injuste des terres agricoles que la Namibie souhaite transférer 43 % de ces terres au populations noires défavorisées  (soit 15 millions d’hectares) d’ici 2020.

La South West Africa People’s Organization (SWAPO) [1] presse, quant à elle, le président Hage Geingob d’accélérer le mouvement de réforme agraire et accuse ce denier d’être en faveur des fermiers blancs. Cette réforme agraire est une question sensible dans la région :

  • En Afrique du Sud, Jacob Zuma a demandé un examen des lois pour autoriser l’expropriation de terres sans compensations
  • Le Zimbabwe de Mugabe avait commencé par compenser les fermiers puis, est passé à l’expropriation totale.

L’expropriation des fermiers blancs de Namibie marquera un tournant politique pour le pays depuis l’indépendance. L’avenir nous dira si cette démarche est la bonne. Quoi qu’il en soit, un pays quel qu’il soit ne peut se développer sans la bonne gestion de ses terres, car comme le disait Louis Farrakhan, « La Genèse de toute nation est «l’agriculture»« .

Notes et références :

[1] L’Organisation du peuple du Sud-Ouest africain (South West Africa People’s Organization ou SWAPO) est le principal parti politique de la Namibie depuis l’indépendancedu pays. ce parti fut d’abord un mouvement indépendantiste armé puis un parti politique à l’indépendance.

A propos de l'auteur :

Makandal Speaks

Panafricaniste dans l’âme, j’œuvre à mon humble niveau à réunir les membres de la grande famille africaine à travers le monde.

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