Le pape demande pardon pour le rôle de l’Église dans le génocide Tutsi

Cette supplication rédemptrice fait suite à la grande proximité de l’Église catholique avec le gouvernement génocidaire Hutu de Juvénal Habyarimana en 1994, lorsqu’un million de Tutsis furent massacrés. 

Lundi 20 Mars dernier, 23 ans après le génocide le plus rapide de l’Histoire moderne le Vatican, par la voix du pape François a imploré le pardon pour «les péchés et les faiblesse de l’Église et de ses membres». En effet, la plus grande Église chrétienne, par son nombre, est lourdement mise en cause dans le génocide de 1994 au Rwanda qui ôta la vie à environ 1 million de personnes.

Le monarque temporaire de l’État du Vatican s’est entretenu avec Paul Kagame, le Président de la République du Rwanda, et selon ses porte-paroles il aurait « transmis sa profonde tristesse, celle du Saint-Siège et de l’Église pour le génocide contre les Tutsis« .

Celui qui est considéré par près d’un milliard d’adeptes comme étant le successeur de Saint-Pierre a toujours selon la déclaration du Vatican :

« Implorer de nouveau le pardon de Dieu pour les péchés et les fautes de l’Église et de ses membres, parmi lesquels les prêtres, les religieux et les religieuses qui ont succombé à la haine et à la violence, trahissant leur propre mission évangélique ».

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Le pape François recevant le président rwandais Paul Kagame, le 20 mars 2017 au Vatican.

Jorge Mario Bergoglio, plus connu comme le Pape François espère, de par sa démarche expiatoire, purifier les mémoires et promouvoir une « confiance renouvelée » du Rwanda envers la politique vaticane.

Être en mesure de reconnaître / excuses pour les torts dans des circonstances / cas comme celui-ci est un acte de courage et de haute moralité @Pontifex

« Être en mesure de reconnaître/demander pardon pour ses torts dans des circonstances/cas comme celui-ci est un acte de courage et de haute moralité @Pontifex »

Cependant, bien que Paul Kagame ait salué sur Twitter le courage du souverain pontife, ainsi que « les contributions de l’Église au développement socio-économique du Rwanda« , Louise Mushikiwabo, la ministre rwandaise des Affaires étrangères, a tout de même fait savoir que :

« Bien avant 1994, les institutions et les missions catholiques, ainsi que l’administration coloniale, ont joué un rôle décisif pour diviser les Rwandais, en établissant les fondements intellectuels pour l’idéologie génocidaire ».

Également porte-parole du gouvernement, Mme Mushikiwabo ajouta :

« Aujourd’hui, le déni du génocide et sa minimisation continuent à prospérer dans certains cercles de l’Église et les personnes soupçonnées de génocide ont été protégées de la justice au sein de leurs institutions catholiques »

Louise Mushikiwabo, ministre des affaires étrangère et porte-parole du Gouvernement rwandais depuis 2009.

Louise Mushikiwabo, ministre des affaires étrangère et porte-parole du Gouvernement rwandais depuis 2009.

De plus, ça n’est pas un hasard si l’Église catholique, apostolique et romaine à demandé pardon au Rwanda. Lors du 20ème tragique anniversaire du génocide, en avril 2014, Paul Kagame incrimina l’Église catholique d’avoir « participé pleinement » à l’échafaudage de l’idéologie coloniale qui engendra un bain de sang fratricide. En novembre 2016, une lettre d’excuses signée par les évêques représentant les 9 diocèses du Rwanda a été lue dans toutes les églises. Mais le gouvernement rwandais déclara que les excuses locales n’étaient pas assez bonnes compte tenu des crimes commis.

De nombreux officiels catholiques furent traduis en justice par le Tribunal pénal international pour le Rwanda et d’autres, particulièrement en ce qui concernait leur participation au génocide. En 2006, par exemple un tribunal de l’ONU embastilla un ancien prêtre catholique 15 ans durant pour avoir ordonné à des bulldozers de raser une église, tuant 2 000 personnes qui se cachaient à l’intérieur. Nul besoin de vous demander pourquoi depuis le génocide, beaucoup de rwandais se sont tournés vers les églises pentecôtistes…

Les autorités rwandaises n’ont pas encore soldé leurs comptes avec l’État de la cité du Vatican. Il dénonce toujours le fait que de nombreux membres du clergé impliqués dans les meurtres de masses de 1994 aient été autorisés à commencer de nouvelles vies en Europe et qu’ils soient protégés par l’église.

A propos de l'auteur :

Makandal Speaks

Panafricaniste dans l’âme, j’œuvre à mon humble niveau à réunir les membres de la grande famille africaine à travers le monde.

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