Le mythe de l’ ‘auto-victimisation’ des Noirs de France

victimisation

Le terme de ‘victimisation’ a récemment été très utilisé pour ridiculiser les comportements de Noirs faisant référence à leur situation, présente ou passée, de victimes du racisme.

Par Sandro CAPO CHICHI / nofi.fr

‘Auto-victimisation’, ‘compétition victimaire’, etc. sont tant de qualificatifs utilisés récemment pour critiquer les comportements de Noirs de France. Ainsi, il est reproché à ces derniers de justifier tous leurs échecs par un racisme dont ils exagéreraient l’importance. Pire, ils iraient même jusqu’à citer des périodes comme l’esclavage et la colonisation pour expliquer leur situation d’échec actuelle. Ceci alors qu’ils n’auraient pas connu personnellement ces époques.

En bref, les Noirs manqueraient de se retrousser les manches et de se battre pour réussir. Au lieu de cela, ils passeraient leur temps à se lamenter sur leur sort. De suite, notons que nombre de ces accusations, parfois portées à l’encontre de NOFI sur les réseaux sociaux sont très souvent infondées. On va le montrer plus bas.

1. Parler d’esclavage et de colonisation, c’est parler de notre histoire
Avant d’insulter tout Noir parlant à plusieurs reprises d’esclavage et de colonisation de ‘pleureuse’, comprenons une chose. Parmi l’histoire la plus récente des Noirs se trouvent la colonisation et l’esclavage. Ainsi, imaginons un (fils d’)Africain qui veut parler de son histoire dans la première partie du 20ème siècle. Nécessairement, il parlera de la colonisation. De la même manière, si un Afro-Caribéen veut parler de ses ancêtres pendant les siècles précédant le 19ème siècle aux Antilles, il parlera du contexte de l’esclavage. En outre, ces siècles sont parmi les mieux documentés de leur histoire. Par conséquent, ils n’ont aucune raison d’être ignorés par les Afro-descendants simplement parce qu’ils gêneraient d’autres communautés.

2. Parler de la cruauté de l ‘esclavage et de la colonisation, ce n’est pas ‘se victimiser’
Contrairement aux idées reçues, parler de la dureté et de la cruauté de l’esclavage n’est pas que souligner la ‘victimisation’ de ses ancêtres. Au contraire, parler de la dureté de l’esclavage et de la colonisation peut tout autant décrire les terribles difficultés auxquelles leurs ancêtres ont été confrontés et qu’ils ont surmonté. Tous les peuples se glorifient des obstacles qu’ont surmonté leurs ancêtres. Les Noirs en ont tout autant le droit que les autres.

3. Le racisme est une réalité sociale

Peut-être que mentionner le racisme pour justifier son échec peut être considéré comme de la victimisation. Toutefois, mentionner son expérience du racisme après avoir réussi n’a rien de ‘victimisant’. En effet, le racisme est une réalité sociale qui n’a aucune raison d’être niée. Presque tous les récits de personnalités devenues célèbres ou même légendaires font état de difficultés qu’elles ont surmonté.

Et ces difficultés présentes dans la société sont nombreuses. Ainsi, on compte parmi elles le fait de grandir orphelin. Egalement, on y trouve le fait de grandir dans un environnement pauvre. Ou bien de souffrir d’une maladie.  De grandir sans amour. Ou dans un quartier défavorisé. D’avoir subi des moqueries dues à son apparence physique, etc. Nier que le racisme puisse en faire partie et que l’on ne puisse les mentionner dans ce même type de récits serait complètement malhonnête.

4.La victimisation n’est pas toujours là où on la croît

Si l’on devait suivre l’opinion publique, les Noirs seraient parmi les principaux à se plaindre du racisme. On en veut pour preuve la propagation du mème ‘C’est waciste’. Celui-ci est très présent sur le Web et est censé associer la prononciation de cette phrase avec  l’accent africain ou antillais.
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De même, d’autres mèmes, ceux de ‘C’est toujours les mêmes’ ou de « Padamalgam » sont souvent propagés par des personnes européennes blanches. De manière déguisée, elles cherchent à exprimer le fait que les Noirs et les Arabes sont responsables de la plupart des crimes à leur endroit. Mais selon ses propagateurs, ces exactions seraient cachées par le pouvoir en place qui favoriserait leurs bourreaux. Egalement, les campagnes du Front National qui justifient à tort les problèmes de logement des Français par les migrants issus d’Afrique noire ou des pays arabes vont dans ce sens.

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Enfin, cherchons sur le moteur de recherche Google ‘racisme’, le premier type cité de celui-ci sera le racisme ‘anti-Blanc’. De même, le terme de ‘racisme anti-blanc’ est aussi (hors hostilités anti-religieuses) le type de racisme le plus référencé. Cela laisse à penser que les ‘pleureuses’ et la victimisation face au racisme sont des comportements qui vont au delà de la couleur de peau. Et que ceux qui accusent les Noirs d’en être les champions devraient parfois se regarder dans une glace.

A propos de l'auteur :

Sandro CAPO CHICHI

a écrit 526 articles sur NOFI.FR.

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