MAKANDAL SPEAKS

La Rédemption de Cham ou l’apologie du « métissage industriel »

La rédemption de Cham (A Redenção de Cam en portuguais) est une peinture à l’huile sur toile, datant de 1895. Elle est l’oeuvre du peintre espagnol Modesto Brocos. Cette toile illustre parfaitement les théories raciales controversées de la fin du XIXe siècle et le phénomène du « blanchiment » graduelle des générations successives par le biais du métissage.

Le nom de cette peinture fait référence à l’épisode biblique dit de « la malédiction de Cham » (Genèse 9:18-29), selon lequel Cham ainsi que ses descendant furent maudits par son père Noé. Cette malédiction intervient après que Cham s’est moqué de la nudité et de l’ivresse su patriarche. Suite à cela, Noé prophétise alors que Cham sera « l’esclave des esclaves de ses frères« . En réalité, cette malédiction s’abat sur Canaan, le futur petit-fils de Noé. Ce passage biblique eut de nombreuses exégèses (judaïques, chrétiennes puis musulmanes) affirmant que Cham serait l’ancêtre des populations négro-africaines. Ces interprétations servirent en effet à justifier les différentes traites négrières (transatlantique et orientale) ainsi que les horreurs de l’esclavage.

La prétendue « Malédiction de Cham » serait donc l’événement fondateur validant la négrophobie à l’encontre de toute une population.

Cette œuvre décrit à merveille le processus de blanchiment progressif au Brésil (le pays du racisme cordial).  Trois générations de la même famille  y sont représentées : la grand-mère est noire, la mère est métisse et le petit fils est blanc. La matriarche s’en félicite et lève les bras au ciel en signe de remerciement à Dieu. « La malédiction de Cham » est levée !!! Selon cette peinture, le salut des populations noires se trouverait dans le métissage. La blancheur, contrairement à la négritude, serait une bénédiction divine.

Ainsi, à l’instar de la Ségrégation ou de l’Apartheid, qui prônaient la séparation totale des blancs et des noirs, l’apologie du métissage ou « métissage industriel » fut (et est encore de nos jours) un énième moyen d’oppression négrophobe. Cependant, il fut bien plus insidieux. Ce stratagème était faussement drapé du manteaux de l’amitié et de l’amour entre les peuples. Contrairement au discours contemporain, le « métissage industriel » n’est pas une simple vue de l’esprit. C’est une idéologie empreinte de suprématisme et utilisée de nombreuse fois au cours de l’Histoire. Son but ? Subjuguer et in fine oblitérer les populations afro.

Les exemples brésiliens, cubains, jamaïcains, sud-africains ou même australiens démontrent largement la volonté des élites blanches de résoudre le « problème nègre » à travers la dilution raciale. En effet, les affidés de l’idéologie du «blanchiment» pensaient que le mélange entre population blanche « supérieure » population noire « inférieure » ferait progresser ou disparaître totalement les Noirs en quelques générations. En d’autres termes : « Cachez ce nègre que je ne saurais voir » !!!

Loin de nous l’idée de condamner en bloc les couples mixtes s’aimant d’un amour sincère. Le métissage en tant que relation personnelle ne devrait souffrir d’aucune critique tant il s’inscrit dans un processus naturel. Néanmoins, il est important que la communauté noire ouvre les yeux sur cette idéologie néfaste. Cette dernière, sous couvert d’humanisme et d’anti-racisme pousse à l’uniformisation de l’humanité en un salmigondis aseptisé et malléable à merci puisque sans identité. Non le métissage n’est pas l’avenir du genre humain !!!

Il ne s’agit pas de « complotisme » ni de haine aveugle que d’affirmer cela. De nombreuses déclarations d’hommes politiques de premier plan devraient nous convaincre de la réalité de cette volonté de brassage. Le discours de Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa, le 17 Décembre 2008 est symptomatique de la réalité de cette idéologie. Elle fut d’ailleurs, par le passé utilisé pour rayer l’homme et la femme noire de la carte. Jugez-en par vous-même :

Le « métissage industriel » est une réalité qui tire son origine des moments les plus sombres de l’Histoire. Il faut donc toutes proportions garder quant a cette théorie du « mélangisme« ;  sans toutefois sombrer dans une forme de communautarisme obtus et victimaire.

 

Panafricainement Vôtre, Franswa Makandal

Panafricaniste dans l’âme, j’œuvre à mon humble niveau à réunir les membres de la grande famille africaine à travers le monde.