Mauritanie : 10 militants anti-esclavagistes libérés

manifestation_anti_esclavage_mauritanie_0

La Cour d’appel de Zouerate, dans le nord de la Mauritanie, vient d’annuler trois condamnations et de réduire les peines de 10 autres militants anti-esclavagistes. Leur condamnation faisait suite à leur prétendu rôle dans une émeute en juin dernier. Trois d’entre eux restent, cependant, derrière les barreaux.

Les 13 activistes  font parti de l’Initiative pour la résurgence du Mouvement abolitionniste (IRA). C’est un mouvement anti-esclavagiste fondé en 2008 par l’emblématique Biram Dah Abeid. En première instance, ils avaient été condamnés à des peines allant de trois à 15 ans d’emprisonnement. Que leur reprochait-on ? Rébellion, recours à la violence, agressions contre des policiers et des représentants de la justice, et appartenance à une organisation non reconnue. Des accusations évidemment mensongères. Ce qui a déplu au gouvernement mauritanien, c’est peut-être que de nombreux manifestants étaient d’anciens esclaves…

Selon Kine Fatim Diop, d’Amnesty International, les militants furent « injustement condamnés » pour avoir « exprimé pacifiquement leurs opinions« . Il a également déclaré que :

« Les autorités doivent reconnaître explicitement la légitimité de toutes les organisations qui travaillent à mettre fin à l’esclavage et la discrimination, y compris l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste tout en s’assurant que la justice ne soit  pas utilisée contre ceux qui défendent les droits humains ».

A l’heure actuelle, tout les activistes ne sont pas libres. Trois sont encore emprisonnés. Militer pour l’abolition de l’esclavage en Mauritanie n’est pas sans danger. L’oligarchie négrophobe Beidane ne semble pas pressée de remettre en cause sa suprématie.

Pour l’ONU, le procès était une mascarade où les violations de droits furent nombreuses. Il en va de même pour les vices de procédure. D’aucun parle même de torture. Malgré que l’esclavage est officiellement aboli depuis 1981 et qu’il relève d’un crime contre l’Humanité, lourdement condamné par la Loi, l’Institution Judiciaire mauritanienne est aussi un outil d’oppression.

En appel, cependant, trois militants anti-esclavagistes ont été libérés et la peine de 10 autres, incarcérés depuis le 30 juin, réduite. 7 membres de l’IRA SUR ont été condamnés à un an de prison dont quatre mois fermes, deux à trois ans de prison dont deux ans fermes, et un dernier à six mois fermes qu’ils ont déjà purgés. Des peines bien moins lourdes qu’en première instance.

Ces libérations sont, certes, une petite victoire et une source d’espoir pour la lutte abolitionniste en Mauritanie. Néanmoins, leur système esclavagiste moderne est loin d’être anéanti. Un crime se passe sous les yeux du monde. C’est le vestige d’une autre époque qui n’a plus sa place en ce début de XXI° siècle. Ne restons pas silencieux face à la tragédie qui ce déroule en Mauritanie. Soutenons ceux qui sur le terrain luttent activement pour mettre fin au fléau de la servitude.

A propos de l'auteur :

Makandal Speaks

Panafricaniste dans l’âme, j’œuvre à mon humble niveau à réunir les membres de la grande famille africaine à travers le monde.

a écrit 123 articles sur NOFI.FR.

ou

Vous connecter avec vos identifiants

Vous avez oublié vos informations ?

Inscrivez-vous à la newsletter NOFI

* Champs requis
Vous êtes

Faire un don pour NOFIPEDIA

Faites un don

Pub full screen

Recherche NOFI