L’accord-partenariat post indépendances: le début de la Françafrique

carte2-forces-afrique-620

Par Nelly B.W. 1958.L’heure de l’indépendance africaine vient de sonner. Pour garder le contrôle la France, représentée par le général de Gaulle, souhaite faire signer un accord-partenariat à ses colonies. Depuis et jusqu’aujourd’hui, 14 pays africains sont encore contraints de payer des sommes rapportant des milliards de trésorerie à la France chaque année.

Le Général de Gaulle, qui ne souhaite pas perdre son ancien fief colonial, propose aux états africains fraîchement indépendants un accord de partenariat dont voici quelques termes:

  • 80% de l’argent africain devra être déposé au Trésor Français afin d’y être géré exclusivement par la France.
  • Toutes les ressources naturelles et brutes africaines seront achetées à bas coût et en priorité par la France, puis revendues plus chères aux africains une fois transformées. Les autres partenaires commerciaux seront acceptés uniquement si les produits n’intéressent pas la France.
  • Militairement parlant, tous les hauts gradés africains devront être formés par les infrastructures françaises. Les pays africains signant cet accord devront s’allier à la France en cas de guerre ou de conflit. Celle-ci pourra intervenir militairement dans ces pays, et y installer ses bases.
  • La langue française et l’instruction scolaire française seront obligatoires dans le but de renforcer la francophonie.
  • Ces pays seront obligés d’utiliser le franc CFA.

carte2-forces-afrique-620

Ayant compris que cet accord ne servait que les intérêts français, les Guinéens opposent un non ferme en choisissant de rompre totalement avec l’empire colonial français. Ils accèdent à l’indépendance, avec à leur tête Sékou Touré. Sa devise:
«Nous préférons la liberté dans la pauvreté, à l’opulence dans l’esclavage».
Furieuse, l’administration française sur place détruit ce qui représente à ses yeux les avantages de sa colonisation. Trois mille français quittent la Guinée en détruisant au préalable tout ce qui peut l’être. Les animaux de ferme sont tués, la nourriture empoisonnée, les bâtiments administratifs, les écoles, les voitures, les tracteurs et autres, saccagés.
francafrique
Le message est passé, la peur gagne les élites africaines. Le Togo souhaite suivre l’exemple de la Guinée, mais n’ose contrarier Paris. Son président, Sylvanus Olympio, refuse de signer l’accord-partenariat, mais accepte en contrepartie de payer une dette coloniale annuelle pour les « avantages de la colonisation». Un montant exorbitant de 40% du budget national qui étrangle le pays nouvellement indépendant. Pour y faire face, Olympio décide de quitter le système monétaire du franc CFA et crée sa propre monnaie. Mais avant que les billets ne soient imprimés, il est assassiné. Les colonies n’ont donc que deux options:   signer l’accord ou payer la dette. Tous les présidents qui voudront s’extirper de ce racket français seront renversés ou tués. À
l’heure d’aujourd’hui, 14 pays africains sont encore contraints de payer cette dette qui rapporte des milliards de trésorerie à la France chaque année. Ces pays sont le Bénin, le Burkina-Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, la
Guinée-Equatoriale, le Mali, le Niger, le Sénégal, le Togo, le Cameroun, le Tchad, la République Centrafricaine, le Congo-Brazzaville ainsi que le Gabon.

Les présidents de ces pays ont intérêt à vite relever leurs frocs afin de mettre fin à ce néo-colonialisme toxique et insupportable. Pour espérer un réel développement des états africains, ils doivent cesser de payer et exiger le remboursement intégral de la soit-disant dette, en plus du paiement des dommages dus à la colonisation, aux pillages, à l’esclavage et aux meurtres.
Cette situation n’est pas sans rappeler les paroles de Bob Marley :
«Nous avons été écrasés sous le pressoir depuis trop longtemps
Rebellez-vous !
Nous avons été pris pour des idiots bien trop longtemps
Rebellez-vous !
Le système de Babylone est le vampire qui suce le sang des enfants jour après
jour, qui suce le sang des malades.
Nous devons nous rebeller!»

 

A propos de l'auteur :

Redaction NOFI

a écrit 84 articles sur NOFI.FR.

ou

Vous connecter avec vos identifiants

Vous avez oublié vos informations ?

Inscrivez-vous à la newsletter NOFI

* Champs requis
Vous êtes

Faire un don pour NOFIPEDIA

Faites un don

Pub full screen

Recherche NOFI