Wall Street ou le lien intrinsèque entre esclavage et capitalisme

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Par Franswa Makandal. Place stratégique de la finance internationale, haut lieu du capitalisme et plus importante bourse du monde, Wall Street n’est vraiment plus à présenter. Néanmoins peu connaissent la véritable histoire du quartier des affaires le plus connu de la planète.

Pourquoi se pencher sur cette histoire ? Quel est le rapport avec les Noirs ? En quoi cela pourra nous être utile, en tant que communauté ?

Même si de prime abord le lien entre Wall Street et les Noirs n’est pas évident à saisir, il existe belle et bien. Les Noirs étaient présents dès la création de Wall Street, qui fut fondée pendant la période esclavagiste. Ainsi, comprendre la genèse de ce financial district nous aidera à comprendre le fonctionnement de celui-ci de nos jours et pourquoi il demeure, en ce début de XXIème siècle, la colonne vertébrale du l’impérialisme et du terrorisme économique à travers le monde.

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Effectuons, si vous le voulez bien un bon dans le temps et l’espace pour atterrir à New York au XVII° siècle. A cette époque, la Grosse pomme était encore une colonie connue sous le nom de la Nouvelle Amsterdam (Nieuw-Amsterdam en néerlandais), et administrée par la tristement célèbre Compagnie néerlandaise des Indes orientales, l’une des entreprises capitalistes les plus puissantes qui ait jamais existé et la première à être cotée en bourse. Cette compagnie était le fer de lance du capitalisme et de l’impérialisme batave. Comme vous pouvez vous en douter, la traite négrière faisait partie des ses activités les plus lucratives, de ce fait, la compagnie ne se priva pas de déporter vers la Nouvelle-Amsterdam des africains réduit à l’état d’esclaves. Ce sont d’ailleurs ces africains qui bâtirent les fortifications qui donnèrent son nom à Wall Street (la rue du mur en français), afin de protéger la cité des raids amérindiens spoliés de leur terre par la colonisation hollandaise.

Le lien entre Wall Street et les africains ne s’arrête bien évidemment pas là. Bien que l’esclavage fut introduit dans la colonie au alentours de 1626, c’est le 13 Décembre 1711, que les autorités New Yorkaise firent de ce qui allait devenir la plus importante place financière du monde, le premier marché aux esclaves officiel de la ville, lieux sinistre où l’on pouvait acheter, vendre ou louer Africains et Amérindiens asservis. En imposant l’achat et la vente d’esclaves, la ville tira directement profit de ce vil commerce qui devint rapidement le soubassement de l’économie locale.

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C’est donc tout naturellement que New York, grâce à l’esclavage, se hissa au rang de capital de l’économie mondiale. En effet la ville qui comptait le plus grand nombre d’esclave du Nord de l’Amérique était devenue, au cours des XVII° et XVIII° siècles, une des plaques tournante de la traite négrière transatlantique. D’ailleurs, d’illustres sociétés ayant « pignon sur rue » à Wall Street, telles que la Wachovia Bank Of North Carolina, la tristement célèbre J.P. Morgan Chase, la Bank Of America, la Royal Bank Of Scotland, ou encore Lehman brothers qui fit faillite en 2008 à la suite à la crise des subprimes, ont tiré parti de manière substantielle du commerce d’esclaves. Au mépris du respect élémentaire de la vie humaine ces banques et assurances accordaient régulièrement aux esclavagistes des prêts et ne revoyaient rien à dire au fait d’accepter les esclaves comme garantie de paiement. De ce fait, il était courant que ces institutions financières, en cas de non remboursement, deviennent elles-mêmes propriétaires d’esclaves. Certaines compagnies d’assurance proposaient même d’assurer et de rembourser les « cargaisons » d’esclaves africains en cas de « perte », notamment lors de la traversée du « Passage du Milieu« .

 

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On comprend aisément au vue de ces éléments, si ce n’est en s’armant d’une sacrée dose de mauvaise foi, qu’il serait difficilement possible de nier les accointances organiques entre le capitalisme et le trafic de « Bois d’ébène ». Des siècles durant, les puissances occidentales déportèrent des millions d’africains vers les Amériques et les réduisirent à l’état de marchandise sur lesquels les négriers avaient l’usus, le fructus et l’abusus. Une telle main-d’œuvre disponible et corvéable à merci permit aux familles, entreprises et états européens/américains d’amasser des fortunes sur le dos des africains. Si vous cherchez à comprendre une des raisons fondamentales des disparités entre les pays occidentaux et africains, ne cherchez pas plus loin…

Ce rappel historique, qui ne se veut être qu’un ensemble de pistes de réflexion et de clés de compréhension pour celles et ceux qui s’interrogent sur les origines du capitalisme, nous permettra de remettre en perspective les propos tenu le 20 décembre 1964 par Malcom X, lorsqu’il déclarait : « Le capitalisme se nourrit du sang d’autrui. Montrez-moi le capitalisme, je vous montrerai le vampire. »

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Le savoir est une arme, désormais vous savez !!! Il ne tient qu’à nous d’utiliser ces connaissances, Noir&Fièrement et à bonne escient pour l’élévation et la revalorisation des populations afro à travers le monde.

 

Panafricainement Votre, Franswa Makandal

A propos de l'auteur :

Redaction NOFI

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