CULTURE

Kimathi, chef de la résistance Mau Mau

Le 18 février marque le décès de Dedan Kimathi Waciuri chef de la résistance Mau Mau. Il mena une lutte militaire armée connu comme « le soulèvement des Mau Mau » contre le gouvernement colonial britannique du Kenya dans les années 1950.

Kimathi est né le 31 octobre 1920, dans le district de Nyeri, au Kenya . Son père, mort avant que Kimathi soit né, était polygame et avait trois épouses. L’enfant fut donc élevé avec ses frères et sœurs, par sa mère nommée Waibuthi. À l’âge de quinze ans, il entra à l’école primaire locale, où il perfectionna son anglais. Ses compétences linguistiques lui permettront de beaucoup écrire avant et pendant le soulèvement Mau Mau. Kimathi n’a jamais excellé dans son parcours scolaire et n’a jamais pu exploiter son potentiel dans une brillante carrière universitaire. Après s’être enrôlé dans l’armée et s’être fait congédier pour ivresse et violence persistante contre ses collègues [1], Il multiplie les emplois dont celui d’enseignant d’école primaire où il sera licencié suite à des accusations de violence contre ses élèves. [1]

Entre 1947 et 1948, Kimathi entre discrètement en contact avec les membres de l’ Union africaine du Kenya (UAE). En 1950, il était devenu secrétaire de la branche UAE à Ol Kalou, contrôlée par les partisans militants de la cause des Mau Mau. Les Mau Mau ont commencé en tant qu’armée de la liberté, une armée Kikuyu militante loin de vouloir récupérer les terres que les colons britanniques avaient progressivement dépouillées. Années après années, les membres du groupe et son influence ne firent qu’augmenter faisant peu à peu des Mau Mau une menace majeure pour les colonialistes.
En 1951 Kimathi intègre le Forty Group, une aile militante de l’ancien groupe Kikuyu Central Association .En tant que secrétaire de la section, Kimathi s’exposait à des activités dangereuses. Ses activités avec le groupe fit de lui une cible du gouvernement colonial. Il fut d’ailleurs arrêté la même année, mais s’échappa grâce à l’aide de la police locale. Cet incident marqua le début de sa lutte. En 1953, le rebelle forma le Conseil de défense du Kenya pour inviter le peuple à combattre. Le 21 octobre 1956, exactement quatre ans après le début du soulèvement, un groupe dirigé par Ian Henderson arrête Kimathi dans la forêt de Nyeri. [1] Sa capture a marqué la fin de la guerre. Un tribunal présidé par le juge O’Connor et un jury exclusivement composé de noirs kenyans le condamne à mort alors qu’il se trouvait dans un lit d’hôpital. Au petit matin du 18 Février 1957, il fut exécuté par pendaison au sein d’une prison de sécurité maximale. [2] Il fut enterré dans une tombe anonyme , et son lieu de sépulture demeure inconnu.

Statue_of_Dedan_Kimathi_Nairobi,_Kenya
Kimathi est considéré comme un héros national par le peuple kényan. Le gouvernement a érigé une statue de bronze « Freedom Fighter Dedan Kimathi » sur un socle de graphite, dans le centre de Nairobi en son honneur. En 2010, Mukami, la veuve de Kimathi, a demandé une reprise des recherches du corps de son mari afin qu’on lui donne une sépulture décente. [3] Il existe de nombreuses controverses autour de la vie et du parcours de Kimathi. Vu comme un terroriste par le gouvernement britannique, les kenyans nationalistes le considèrent comme un héro, la figure de proue de la rébellion Mau Mau. Même si le rebelle fut considéré avec dédain par Jomo Kenyatta et son gouvernement, Kimathi et ses camarades rebelles Mau Mau sont dorénavant reconnus comme des héros de la lutte pour l’indépendance du Kenya par le gouvernement en place.

[1] David Anderson, Histoires du Pendu: la sale guerre au Kenya et la fin de l’Empire (2005) p.287

[2] Les EastAfrican : «Dedan Kimathi a été enterré à Lang’ata ‘ 10 Décembre 2001

[3] Kenya a exhorté à trouver le corps du chef Mau Mau Dedan Kimathi BBC Nouvelles, le 11 Octobre 2010

Crédit photo : Dedan Kimathi, Acrylics on board. ©Ndeithi Kariuki, 2001

Fan de séries, de rock indé et des années 1990, elle pond des chroniques sur sa vie de femme noire en France et sur sa phobie des joggings Lacoste. Sur le net, vous la retrouverez plus facilement sous le nom de "La Ringarde", son identité secrète de super héroïne.