CULTURE

HOMMAGE À ROBERT SOBUKWE

C’est, aujourd’hui 27 février, l’anniversaire de la mort du fondateur du Pan African Congress (PAC). Un des pères de la lutte contre la ségrégation, qui combattait l’avilissement du Noir et voulait voir sa communauté évoluer et s’autogérer. Un homme qui fit les frais du mépris et de l’acharnement des Blancs sur les Noirs, dans un régime raciste légal : l’apartheid.

En 1948, Robert Mangaliso Sobukwe rejoint l’African National Congres (ANC) dont il devient ensuite secrétaire sur la zone de Standerton (Est), où il enseigne. En parallèle, il édite un journal panafricain militant, The Africanist, participant ainsi à la défiance du gouvernement sud-africain, alors que l’apartheid se met en place.

En 1958, il quitte l’ANC car il est en désaccord avec le multiracialisme que prône le parti. En effet, l’ANC n’est pas opposé à l’adhésion de Blancs et à leur participation à la lutte contre la ségrégation et la reconnaissance des droits des Noirs, ce qui, pour Sobukwe, est un contresens total.

L’année suivante, il fonde le Pan African Congress, parti communautariste, qui revendique la gouvernance de l’Afrique du Sud par les Noirs, et qui se dotera dix ans plus tard d’une branche militaire.

Dès lors, le PAC devient le grand rival de l’ANC : la lutte est commune mais l’état d’esprit diverge ; en effet, il apparaît comme essentiel pour Sobukwe et les gens qui le suivent, que le Noir s’élève par lui-même sans l’intervention d’aucun tiers, approche logique dans la mesure où l’Apartheid est alors en vigueur, instaurée par les Blancs, contre les Noirs.

Prenant les devants, il lance un appel à la manifestation pacifique, quelques jours avant l’ANC. Mais comme elle, après la boucherie de Sharpeville, le 21 mars 1960, le PAC est interdit. Dès lors commence l’enfer de Sobukwe. D’abord condamné à trois ans de prison, qu’il effectuera en isolement, son incarcération est prolongée.

Il fit l’exemple de ce qu’on appela « le décret Sobukwe », une loi permettant de maintenir quelqu’un en détention, afin de « préserver la sécurité nationale » ; une loi qui est, de plus, postérieure à sa condamnation. Assigné ensuite à domicile pendant dix ans, il étudie et continue de lutter pour la reconnaissance du droit des Noirs et la nécessité pour eux de s’organiser politiquement.

Robert Sobukwe meurt le 27 février 1978 d’un cancer des poumons.

Le Pan African Congress meurt avec Sobukwe, car le parti ne parviendra jamais à s’organiser correctement pour avancer, il n’atteindra pas son but, gouverner.

Mais la lutte, elle, est bien vivante et la nécessité de l’autogestion du Noir, de sa participation, indépendante, à la chose politique apparaît de plus en plus urgente. En Afrique du Sud, le régime de ségrégation, l’apartheid, préexistait à sa légalisation, et persiste de nos jours, certes plus en droit mais en faits.