SOCIÉTÉ

Vidéo : Immigration et délinquance, l’enquête qui dérange

Le 25 novembre, un reportage de France 2 s’est interrogé sur le lien entre immigration et délinquance en France. Les résultats de l’enquête sont loin de ce que la télévision française nous montre depuis des années…

D’abord convaincu que l’idée reçue selon laquelle le pourcentage de délinquance dépendrait du nombre d’immigrés est vraie, John Paul Lepers décide de mener l’enquête. A l’aide du recensement de l’INSEE et des statistiques du ministère de l’intérieur, il décide de comparer la délinquance de deux agglomérations : Montbéliard, au très fort taux d’immigration, et Caen qui ne compte presque pas d’immigrés. Les résultats tombent : il n’y a aucun lien entre l’immigration et la délinquance.

Voici le reportage dans son intégralité :

Les médias participent largement à véhiculer l’idée selon laquelle plus il y a d’immigration plus il y a de délinquance. Ce reportage est l’un des premiers à prouver avec des chiffres que ce que la télévision reflète est complètement erroné. On se souvient du discours raciste d’Eric Zemour :

« La plupart des trafiquants sont noirs et arabes »

Ces propos prononcés à l’antenne et devant des milliers de téléspectateurs lui avait valu une condamnation pour incitation à la haine raciale. Cette enquête de France 2 participerait donc à faire évoluer les mentalités dans une France où les discours racistes se multiplient. John Paul Lepers a tenu à accompagner son enquête par quelques mots :

Au début du premier film, Immigration et délinquance, l’enquête qui dérange, je raconte une expérience personnelle, avec des mots crus : « Dernièrement, à Paris, une dizaine de jeunes, Noirs et Arabes, ont essayé de voler mon scooter, je l’ai récupéré, mais ils m’ont frappé. » Pourquoi ai-je précisé qu’il s’agissait de jeunes « Noirs et Arabes », au risque d’être condamné pour cette précision ethnique. J’ai décidé de prononcer ces mots parce que je sais aujourd’hui que nous sommes dans l’erreur, et que cette situation est dangereuse pour notre pays.
Pendant le tournage de ces films, j’ai accepté de me mettre à nu. J’ai abandonné mon idéologie, et j’ai voulu me fondre dans cette France, malade des bouleversements qu’elle subit. Nous – une majorité de Français, et je m’y inclus –avons la quasi certitude que la montée de la délinquance est liée à l’immigration. Certes, nous ne l’exprimons pas de la même manière, pour certains il s’agit d’une opportunité politique, pour d’autres c’est un sentiment presque honteux, mais nous en sommes là, collectivement.
Sur ces questions essentielles, les sentiments, bons ou mauvais, ne suffisent pas. Avec Christophe Nick et Gilles Cayatte, nous avons mené l’enquête, pendant de long mois. À partir des statistiques officielles que nous avons minutieusement vérifiées sur le terrain, nous apportons des preuves qui montrent que la délinquance n’est en aucune manière liée à la présence d’immigrés sur notre territoire – et je dois vous dire que j’ai eu du mal à le croire. Les immigrés ne sont pas plus et, bien sûr, pas moins délinquants que les autres Français. Qu’on se le dise !Le premier film apporte, à tout citoyen de bonne foi, des exemples concrets et des chiffres précis, qui constituent potentiellement une boîte à outils pour combattre ceux qui ont intérêt à opposer les communautés qui forment la France.
Le deuxième documentaire s’attache à nous expliquer comment naît un préjugé, et pourquoi nous en sommes, en fait, victimes. Une plongée scientifique et subtile dans nos imaginaires collectifs.

Fan de séries, de rock indé et des années 1990, elle pond des chroniques sur sa vie de femme noire en France et sur sa phobie des joggings Lacoste. Sur le net, vous la retrouverez plus facilement sous le nom de "La Ringarde", son identité secrète de super héroïne.